Oui, vous devez connaitre cette expression, mais liée à la Normandie. Dans mon cas, si je remets les pieds aux USA, la Nouvelle Orléans sera une destination certaine. Après trois jours passés sur place, j'en suis revenu avec 36000 images et impressions. La ville m'a comme qui dirait, envouté. Ce message est très long, donc pour ceux qui veulent un résumé, j'en ai fait un juste après, pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur cette ville, ancienne colonie française, prenez le temps de tout lire (il y a des sections pour vous y retrouver).
Version résumée :
Ville délurée, ville envoutante, ville charmante, ville historique, ville meurtrie, ville à voir et revoir !
Version longue:
Avant de décrire ce voyage, je remonte à vendredi soir.
Enton n'est pas venu au MoMA avec moi, et m'a dit me rejoindre chez moi dans la soirée. Vers 22h00, il débarque avec un copain banquier, rencontré dans la rue. Il me dit que nous allons à un anniversaire d'un copain albanais, au Taj non loin de mon appartement. J'ai demandé si je devais me changer, sachant que bien des clubs à New York sont très select et que la tenue correcte est souvent exigée. Je portais pour info un pantalon rouge, mes baskets et un t-shirt. Lui : « mais oui, pas de soucis »... Ok.. mais je restais dans le doute de pouvoir rentrer dans une tenue plus que casual. Arrivés sur place, en effet, sélection à l'entrée, mais comme nous avions le mot de passe nécessaire; le nom de son ami (nom albanais que j'ai oublié), nous avons pu rentrer dans ce night club qu’en temps normal, je n'aurais pas forcément fréquenté.
Le lieu ; en effet très chic, la musique, très house-soft-soupe (pardon pour ceux qui aiment) et une clientèle assez chic mais sans goût, particulièrement chez les femmes.
Un vrai défilé de talons aiguilles à faire peur (mais comment vous faites les femmes pour marcher avec des pareils talons?), des jupes très (trop) courtes, des décolletés très (trop) plongeants et des maquillages très (trop) prononcés.
C'est mon opinion, mais cela me fait toujours bizarre de voir à quel point certaines femmes ici vont parfois, à mon avis, à la limite du vulgaire pour sortir. Je sais, cela peut paraitre très puritain, mais ayant habité aux Pâquis et à côté de la Langstrasse à Zurich, ce genre de tenue m'est plus coutumière pour les dames arpentant les rues à l'attente d'un client. Je sens que certains vont crier au scandale ;-)
Bon, l'important dans la soirée, à part Enton qui a passé sa soirée à courir derrière tout ce qui portait une jupe (il avait le choix) et qui n'avait pas plus de 25 ans (là aussi), c'est d'avoir fait la connaissance de Garrett, l'ami d’Enton. Il est banquier de profession, mais il m'a impressionné par ses connaissances du monde extérieur aux USA. Il a voyagé peut-être une bonne dizaine de fois en Europe et en Amérique latine. Habitué à devoir décrire la Suisse pour bien expliquer que nous sommes un pays comme n’importe lequel autre, j’ai été surpris par ses connaissances. Il sait que avons 3 langues nationales, que nous sommes un pays fédéral, qui ne fait pas parti de l'UE, que Berne est la capitale (!) que les partis cherchent le compromis pour trouver une solution, et plus surprenant encore que nous avons eu Blocher pendant 4 ans et qu'avec lui, la Suisse s'est trouvée dans une situation qui l’a fait paraitre comme l'Autriche, en 2000, lorsque Haider a gagné les élections (nous n’avons pas commenté sa mort survenue quelques jours auparavant).
En parlant des élections américaines, il m’a dit qu’elles sont une chance pour ce pays pour qu'il s'ouvre au monde; très intéressant.....
Le fait que son grand-père soit allemand et qu'entre autre connaisse personnellement le patron actuel (suisse) de la Deutsche Bank, l'aide peut-être à avoir une autre idée du monde. Dans son cas, il adore l’Europe par son mélange de cultures, de langues et son histoire. Ca fait plaisir à entendre, pas vous ? :-) Il m'a justement précisé avoir des facilités pour les langues et qu'il parle ainsi le français et l'espagnol. C'est vrai, il arrive à baragouiner dans les deux langues, mais bonjour l'accent ;-) Je ne ferai pas de commentaire sur le mien en anglais, c’est un mix franco-allemand d’après un collègue.
Sinon, je suis déjà invité pour une super soirée Halloween dans Manhattan, où la musique devrait plus correspondre à celle que je suis habitué et qu'ici, je n'arrive à écouter qu'à travers les web-radios (zurichoises).
A tout ça, entre Enton qui draguait non-stop et nous qui parlions, 2 heures du matin. L'avion était à 7h25. Résultat, le temps de rentrer, de faire enfin ma valise et d'aller dormir, presque 3 heures et mon réveil était à 4h45. Le réveil, bien plus que difficile, mais bon, malgré la nuit trop courte, nous avons réussi à prendre le taxi à temps pour La Guardia et monter dans l’avion pour la New Orléans.
Petit commentaire quant aux mesures de sécurité. On se fait contrôler son identité 3 à 4 fois avant de monter dans l’avion, mais pour ce qui est des liquides, je doute qu’on sache que les flacons ne doivent pas faire plus de 100ml chacun, parce qu’entre ma pate dentifrice et surtout mon produit pour les verres de contact, je dépassais largement la dose autorisée. Et au passage du rayon X, rien. Pas de commentaire. Autre point important, les gens n’éteignent pas toujours leur mobile, et pendant le vol, j’en ai vu qui tapotaient sur le leur et même Enton a laissé le sien allumé tout le long du vol. Et quant on pense que la plupart des restrictions viennent d’ici… A méditer.
En décollant, nous avons eu droit à une vue incroyable de New York. C'est la première fois que je peux me rendre compte sa taille.
Ci-dessous, vous pouvez voir sans problème, en bas le Bronx, puis Manhattan, à gauche Queens, Brooklyn et au loin Staten Island, donc les 5 Boros.
Dans l'avion, nous sommes, pour ainsi dire les deux, tombés dans le coma vu la nuit passée et c'est juste à temps que nous nous sommes réveillés pour admirer l'arrivée sur la New Orleans.
Débarqué à l'hôtel, pardon au Staybridge Suites Hôtel (prix de la nuit comprise dans le billet d'avion, donc pour ainsi dire, nuit gratuite), départ pour découvrir le quartier français. Cela ressemble à un retour dans le passé. A cette heure encore matinale (nous avions gagné une heure avec le décalage), pas grand monde dans les rues, donc avec un temps idéal, une température estivale et un calme presque surprenant, nous sommes partis à la découverte de cette cité qui, pour ma part, n'a pas cessé de me faire ouvrir grands les yeux (et Enton de lui faire remuer les entrailles).
Comme petit rappel historique, la Nouvelle Orléans faisait partie de la Louisiane, comme vous le savez colonie française, qui fut cédée en secret aux espagnols, puis revint dans le giron de l'État français avant d'être vendue aux USA par Napoléon. Plus récemment, la ville a souffert de l'ouragan Katrina à fin août 2005, laissant sous les eaux une bonne partie des quartiers. Les plus touchés furent ceux où les digues, les protégeant des crues du lac Pontchartrain, lâchèrent au passage de l'ouragan. La partie qui en fait a le moins souffert, c'est le carré français, car construit en hauteur et donc au dessus du niveau de la mer (ce qui n'est pas le cas pour une grande partie de la Nouvelle Orléans).
La ville se trouve bloquée entre le lac au nord et un méandre du Mississipi au sud proche de son embouchure.
Je vous mets une carte de la ville pour vous en donner une meilleure idée.
3 ans après le passage de Katrina, en ville, vous ne verrez aucun signe de dévastation. Elle semble en parfait état et si des maisons ont souffert, à présent c'est peut-être la raison de ces espaces vides entre deux bâtiments, surtout si vous sortez du centre ville.
Je suis resté fasciné par son architecture, influencée entre autre par la période espagnole. De ce quartier, je n'avais que les images vues après le passage de l'ouragan et celles que j'avais trouvées sur internet. Je ne pensais pas me retrouver dans un musée à ciel ouvert. Tout ici semble avoit été choisi ou construit avec goût ; depuis les balcons, tous ouvragés, les arcades vous protègeant du soleil, les cours intérieures visibles depuis la rue, la végétation luxuriante, tous ces petits détails qui donnent à la ville un charme incomparable. L'influence espagnole est particulièrement visible, principalement au niveau des balcons et aussi par exemple autour de la place d'armes avec le Cabildo (non il n'y a pas de photo de ce bâtiment).
Pendant la journée, la ville semble comme assoupie, peut-être à cause de la chaleur ambiante (pas loin de 30 degrés en plein mois d'octobre), et si ce n'est des touristes armés de leur appareil, la tranquillité amène à se promener de rue en rue le nez en l'air.
Leurs noms rappellent par contre la période française tels que Bourbon, Bourgogne, Dauphine, Toulouse, Royale, etc.. Elles portent encore aujourd'hui la version anglaise et française avec en plus parfois la traduction espagnole (nouvel héritage de cette période).La vie nocturne, ou comment l'Amérique se dévergonde
Pour ce qui est de la cigarette, ici on peut fumer sans problème dans les bars. On en ressort enfumé, mais au moins on n’est plus obligé de sortir dans rue pour s’en griller une.
Sinon aux USA, il est interdit de boire dans la rue. Ici, c'est tout le contraire. Boire dans la rue est franchement encouragé (il n'y a qu'à voir tous les bars proposant des boissons "to go") et franchement j'ai rarement vu des familles entières, des couples âgés, complètement bourrés, boire, chanter et danser dans la rue. Dans les bars, cela tient du délire. On vous propose trois grandeurs différentes pour votre verre, la plus grande doit correspondre à quelque chose comme un demi-litre, sans compter des cocktails dans des verres en forme de grenade au mix explosif et sinon 3 boissons pour le prix d’une, etc…
Les serveuses quant à elles ont une tâche bien particulière à accomplir : En mini-short et en décolletés très plongeant, elles vendent des éprouvettes contenant un liquide coloré et chacune en transporte une vingtaine, au prix de 3 USD. Si vous en achetez un, la jeune fille la prend dans sa bouche par le culot et renverse son contenu dans la votre.
Une serveuse qui a gagné tous les suffrages dans un bar vendait les siennes de la manière suivante: elle en prenait 4 dans sa bouche et les renversaient dans la bouche du mec, puis prenait la tête de ce dernier et la pressait entre ses seins tout en la lui remuant, après elle lui donnait un baiser sur la joue et pour finir se retournait et frottait ses fesses contre le mec placé derrière elle. Imaginez la réaction de certains qui ne s'y attendaient pas. Enfin, pour payer, elle prenait le billet, le mettait dans la bouche du mec et le lui faisait déposer entre ses seins en pressant bien la tête du mec.
Pas la fameuse serveuse mais une prise par Enton
Cette serveuse avait en tout cas un sacré succès vu la vitesse à laquelle est finissait ses éprouvettes. Enton s'est vu proposer d'essayer, mais il n’a réussi à boire qu'une éprouvette et pour ce prix, il n'a pas eu droit à la version extra. La vendeuse pour sa part est repartie, avec succès, vers d'autres clients plus avides de sensations....
Un point de culture dans toute cette débauche; chaque bar propose des concerts gratuits, de rock, jazz, hip hop, etc, le tout dans une super ambiance. Cela faisait longtemps que je n'assistais pas à un concert de telle sorte et j'ai franchement aimé. Bien sur tous les classiques y passent,mais se trouver entouré d'américains dans leur "milieu" m'a comme qui dirait fait quelque chose.Il y avait comme une sorte d'union entre les uns et les autres et même si je ne me suis pas mis à chanter à tue-tête j'ai participé à la fête.
Après cet intermède "culturel" repassons en dessous de la ceinture...
Une autre chose qui m'a surpris c'est de voir des jeunes filles racoler des clients dans la rue pour les amener dans des bars. A nouveau, Enton s'est fait saluer par une jeune fille par un "hi", et lui bien sur, tout de suite : "hey! hi, how are you?". Au bout de quelques secondes d'une discussion que je n'ai pas entendue, Enton est repartie avec la fille sous le bras. Il s'est fait amener dans un bar, où la fille l'a plus où moins laissé tomber sur place. Il est ressorti au bout de quelques secondes en se demandant à quoi cela pouvait rimer. Je lui ai simplement dit: "elle voulait ton fric ou plutôt ses patrons veulent ton fric et elle t'a amené ici pour ça".
Comme il vit à New York, ce n'est dans la rue que vous allez voir ça (dans les bars oui). Lui est resté assez déçu, car il avait franchement pensé que la fille était intéressée. Je crois que sa déception fut mêlée à de la colère et de la curiosité, car pour finir, on s'est retrouvé à suivre la fille à distance (je me suis dit ça frise le ridicule...), et qui en effet, allait d'un mec à un autre faisant le même cinéma. Enton n'en croyait pas ses yeux. Moi j'en rigolais, car avec l'image coincée des américains que j'ai pu avoir jusqu'à ce jour, découvrir une ville où les interdits ne le sont plus, m'ont fait en partie changer mon opinion sur cette Amérique conservatrice et qui se permet tout, dès qu'elle n'est plus sous contrôle. J'en rigole encore lorsque j'y pense. ;-)
Amateurs ? Allez à la Nouvelle-Orléans!
Garden District est un quartier bâti par les américains venus à La Nouvelle Orléans après le passage sous autorités US. Les riches familles venues s'installer ici ont bâti des maisons plus belles les unes que les autres et plusieurs sont classées monument national. Se promener dans ce quartier m'a franchement donné envie d'en acheter une, bien sur après avoir gagné à la loterie ;-)
Les esclaves ont apporté avec eux le Vaudou, ses traditions et ses mystères. En ville, ce souvenir est bien présent. Il n'y a qu'à voir la quantité de boutiques vendant toutes sortes d'objets, depuis les poupées, les colliers, les masques, les amulettes, les gris-gris et je ne saurais dire quoi encore. Si vous regardez les arbres et les balcons vous verrez ces colliers accrochés un peu partout.
A la Nouvelle Orléans, la culture est présente à chaque angle. Le Jazz, le blues, les mouvements alternatifs, le théâtre font partie de la couleur locale.
Algiers
Lundi vers midi, avec Enton nous nous dirigés vers Algiers. Ce quartier, considéré comme le coeur de la cité est une perle architecturale. Ici, les maisons ne sont pas imposantes comme dans Garden District, mais leur style, la tranquillité du coin m'ont donné une envie soudaine de venir m'installer ici. Chaque maison semble construite pour le plaisir des yeux. Je me serais bien imaginé profiter d'une soirée d'été, dans une de ces chaises à bascule présentent sur chaque terrasse.
Et la dernière en partant, le fameux Superdome, tristement connu pour ses milliers de pauvres venus chercher refuge ici, et pour finir se retrouver dans un lieu insalubre et dangereux. Depuis, il a été restauré et rien ne rappelle ces évènements.

