samedi 29 novembre 2008

Ce n'est qu'un aurevoir

Oui c'est la fin. Voilà, six mois sont passés. Il ne me reste plus grand chose avant de devoir partir sur JFK, de devoir me diriger vers la porte d'embarquement et de monter dans l'avion qui va me ramener en Suisse. Ces six mois auront été plus que riches en expériences, en découvertes, en voyages.
J'ai enfin pu m'exercer dans cette langue qui me semblait-il, resterait toujours comme une chose impossible a maitriser. Après 6 mois à entendre de l'américain, bein on va dire que cela va beaucoup mieux, mais qu'il me faudra encore ces quelques mois de l'autre côté de la planète, pour vraiment me sentir à l'aise pour la parler sans avoir l'impression d'écorcher l'oreille des mes auditeurs. ;-)

Pour ce qui est de mon expérience professionnelle, je reste de l'idée, qu'en Suisse, nous travaillons comme des fous et que personne ne peut nous dire que nous sommes un pays du chocolat, des montres et des belles montagnes uniquement. En comparaison, ces six mois auront été plus tranquilles qu'un stage dans un monastère. J'ai entendu par certains collègues ici, que depuis qu'ils sont à ce poste, ils peuvent enfin souffler et ne pas travailler comme des esclaves avec la peur du renvoi à chaque instant.
Pour eux, surement un bon point, pour ma part, sachant les critiques qui peuvent venir de ce côté de l'océan, difficile de se faire donner la leçon alors que ceux qui la donnent, ne vont surement pas faire un extra par amour de leur travail. Chacun sa vision.

Sinon, bien sur, ce dont j'aurai le plus profité, c'est du pays, la possibilité de découvrir, enfin, ces contrées rêvées depuis des décennies. Ces paysages sauvages, ces villes qui pour moi ont toujours représenté l'évasion. Je parle de Vancouver, de Montréal, de San Francisco, de la Nouvelle Orléans. J'aurais bien voulu faire d'autres villes, mais bon, au début on se dit, le prochain week-end, et au fur et à mesure, les week-ends défilent et on se retrouve à faire tout ce qui reste à faire en un minimum de temps. Je pense malgré tout avoir fait pas mal et avoir à présent une bien meilleure impression de ce gigantesque pays.

J'ai été heureux d'avoir pu assister à la victoire d'Obama en direct, à New York, à Times Square, avec mes amis et de me dire, tu vis un moment historique, et il le fut.

De New York en elle même, il y a tellement à dire. Pas facile. Mais je peux tenter de résumer en quelques mots ce que je veux garder au coeur. - TTu as montre tes differentes facettes au fur et a mesure, te laissant decouvrir avec le temps. Il fallut suer au debut et souffler fort pour arriver a arpenter tes rues brulantes ou pour circuler sous tes pieds dans ton subway. Apres, tu m'es devenue connue, et tes differences ne m'ont plus surpris. J'ai appris à te voir comme une ville qui se renouvelle à chaque fois, comme la terre au printemps. Et avec le temps, cette valse de situations m'ont semblé naturelles.

Il faut passer par l'expérience de ta torpeur estivale, de ton froid insoutenable, mais aussi par tes magnifiques levers et couchers de soleil automnales. De ton ciel bleu intense avec les tours pareilles à des montagnes en guise d'horizon.

Je pense que cette ville a ce quelque chose d'incroyable, que malgré les difficultés du quotidien, elle se fait aimer et que on finit par s'y attacher comme à une source d'énergie.

Il est vrai qu'avec ma situation d'expat, facile de vivre dans Manhattan, dans Midtown et de payer le prix nécessaire pour obtenir tout ce dont je désirais. Mais comme tout le monde le sait, l'argent ne fait pas le bonheur.
C'est en faisant la connaissance de Enton, Garrett, Alonso, George, Valery, tous de nationalités différentes, que j'ai vu ce que New York peut offrir de plus beau. Une multitude d'origines et tous vivant ici et aimant cette ville, qu'ils ont parfois aussi du aprivoiser. Tous avec leur histoire, leur expérience.

Si on m'avait demandé de rester, sans nul doute, j'aurais répondu : Oui, et pour toujours?
Mais, il est vrai, qu'une expérience n'est pas toute une vie. Alors, je dirais, que celle-ci aura été plus que marquante et que j'en garderai un souvenir bien marqué. Un peu comme une certaine phrase bien connue des genevois et écrite sur le mur d'un grand magasin.

Avec ces mots, ici finit ce blog. Celui-ci aura été le résumé de mon périple américain.
Pour ceux qui le savent, je ne resterai pas longtemps en terres helvétiques. Les kangourous seront bientôt mes prochains animaux de compagnie. Alors, restez web-up-to-date, car la suite viendra bientôt.

Merci pour votre lecture, vos messages, ici et sur le mail, et à bientôt sur le nouveau blog qui aura comme titre ? Surprise! Ce serait trop facile ;-)

Et en vrac les dernières photos de Columbus Circle, Uper East Side, Roosevelt Island, Long Island City, Astoria, Jackson Heights avant de partir sur l'aéroport avec la dernière photo, peu avant de passer les contrôles.










Depuis Roosevelt Island, vue sur Manhattan



Astoria


Enton dans Jackson Heights






Thanksgiving

Jeudi 27 novembre, c'était Thanksgiving aux USA. Une des principales fêtes familiales ici. A la base je n'avais rien prévu, vu que cette fête ne représente rien de spécial pour une européen comme moi. Valery m'a proposé d'aller chez une amie, allemande de Berlin, et son mari dans Brooklyn. Alors après avoir raté la parade de Macy's (il fallait s'y rendre à 7h pour avoir une bonne place), en milieu d'après midi, nous voilà partis avec le subway N. Je ne l'avais jamais pris auparavent, sauf pour circuler dans Manhattan. Mais pour passer sur Brooklyn, celui-ci enjambe le Manhattan Bridge et voilà la vue depuis le métro au passage, avec un beau coucher de soleil ( à 15h45...) et la Statue au milieu, perdue dans la lumière.

Nous sommes arrivés dans un quartier dont je n'ai pas retenu le nom, mais qui se trouve entre la 9ème Street et la 4ème Av de Brooklyn. Ici pas de grands immeubles, mais des maisons en briques.

Voire comme bien dans des quartiers de cette ville, des maisons à 2-3 étages. Une sorte de ville dans la ville



Le jardin de nos hôtes. Quelque chose de typique.



Et depuis le toit. Vue sur cette partie de Brooklyn.

Au loin Manhattan et l'Empire State Building. Une sorte de référence pour ceux qui auraient un mauvais sens de l'orientation

Valery et moi, Manhattan en arrière plan

Après le repas typiquement américain (j'ai franchement apprécié les patates douces) et une soirée à mélanger allemand, français et anglais , nous voilà partis pour découvrir de nuit Brooklyn. J'ai même pu y découvrir un arc de triomphe, copie conforme de celui de Paris.


Après avoir retraversés le Manhattan Bridge, mais cette fois-ci en voiture, nous voilà arrivés vers chez moi, et voilà la surprise.....des gens dormants à même le trottoir, certains jouant aux cartes, d'autres mangeant, d'autres débout à l'attente de l'ouverture du magasin à 5h00. Pour préciser, il était à ce moment là 22h00.. Tout cela pour les soldes ? Il faut être américain pour pareille folie..
Moi j'ai préféré rentrer bien au chaud dans mon appartement.




Et vendredi matin, en allant au travail, personne dans les rues. Une ville qui semblait morte. La journée fut pareille. Dernières heures au travail, mais en réalité à liquider les derniers dossiers, à dire aurevoir aux derniers restés ce jour presque à ne rien faire. Et pour finir, à 15h, le moment de rendre mon badge, et de tourner une dernière fois les yeux vers ce bâtiment qui m'a servi de poste de travail avant de rentrer vers ma tour avec Enton.

Avec lui, nous sommes encore passés "humer" l'ambiance du Black Friday.. Une sorte de folie d'achats, un mois avant Noel.. ma rue qui le matin semblait morte, à cette heure là ressemblait à une sorte de veille de Noel chez nous. Mais les gens tranquilles, pas le stress des achats de dernière minute comme à l'habitude.

Enton a tenu à m'accompagner en me disant que si je n'avait pas été là, il aurait franchement trouvé le travail chiant à mourir... Pour ma part, j'ai apprécié de l'avoir connu, par sa curiosité, son dynamisme et son envie d'aller de l'avant, sans se soucier des commentaires. Il a ce mélange américano-européen, qui fait qu'il est toujours à la recherche de ce je ne sais quoi, qui à me yeux me semble normal, mais qui aux siens, semble un challenge..

Demain samedi, il doit passer pour me prendre, avec mes 3 valises pour me faire découvrir une dernière fois New York avant d'aller sur JFK.

Ce soir, ou plutôt ce matin, après le stress des valises, il est temps d'aller me coucher pour ma dernière nuit dans Manhattan. Et oui....