Ce matin, je dois avoir une horloge interne bien réglée pas besoin de réveil pour prendre le bus. Sur place dans le terminal, il y avait moins de monde que pensé. J'ai constate que plusieurs voyageurs avaient un coussin avec eux. Je crois que je vais devoir en dégoter un, car dimanche soir je prends le bus sur Vancouver, quelque chose comme 11-12 heures de route.
Arrivé à Banff à 9h00 du matin, ma première sensation fut le froid ! Cela faisait très longtemps, je crois depuis la Suisse, que je n'avais ressenti le froid comme cela (difficile a New York ou les nuits ne descendent pas en dessous de 15 a 18 degrés depuis des mois).
J'ai malgré tout été surpris de voir des gens en t-shirt et short (et moi qui me les pelais en cherchant les coins au soleil).
En descendant du bus, j'ai croisé deux autrichiennes, perdues comme moi pour trouver le "centre ville" de Banff. La langue aidant, nous nous sommes dirigés vers la Banff Avenue (nom pompeux pour une rue de cette taille..) et l'office des parcs du Canada ou rebelote, c'est en allemand que nous avons demandé quelques renseignements. La dame, d'origine allemande proche de Strasbourg (mais du cote allemand du Rhin bien sur) et habitant ici depuis 20 ans, nous a conseillé quelques tours faisables pendant la journée.
J'avais en tête de partir à vélo, sachant que pour ma première journée je ne voulais pas me retrouver à faire des heures de marche, même si j'ai l'habitude dans Manhattan, mais dans d'autres conditions. J'ai opté pour une balade d'environ 15 kms le long de la rivière Spray en empruntant une ancienne route.
Les deux autrichiennes sont parties se balader pour aller voir les chutes locales. Je crois qu'elles étaient pas vraiment partantes pour mon tour ;-)
Pour décrire Banff c'est à vomir tellement c'est kitsch, un Zermatt/Verbier/St-Moritz en été en plus grand. Sur la rue principale, à part quelques cafés et pubs, ce ne sont que boutiques de souvenirs sur boutiques de souvenirs, le tout dans un cadre parfait, aseptisé (un peu comme Calgary) avec petits massifs de fleurs bien protégés, etc... Loin de l'éco-tourisme...
A cette heure encore relativement matinale, les seuls qui se baladaient c'étaient ceux arrivés comme moi oui alors les lève tôt. La ruée de touristes viendrait plus tard.
Apres passage par la location de vélo, et casque sur la tête je me suis dirigé vers la "sortie" de Banff. Au passage je suis passé devant cette abominable hôtel, une sorte de château Frontenac (Québec) mais en pleine nature. Les belles voitures et les belles tenues de "gente linda" pullulaient autour de moi.
Heureusement que passé le parking sur trois étages, je me suis retrouvé en l'espace de quelques secondes en pleine nature. Le chemin est en fait une ancienne route reliant Banff à Canmore (c'est la Transcanadienne qui remplie cette fonction de nos jours).
Comme partout dans la région, il faut faire attention aux ours, mais vu les marcheurs que j'ai croisés et les autres à velo bien plus sportifs que moi (sic), il ne semblait pas y avoir de risque particulier. Bon qui sait.
L'aller est sympa mais à part des arbres et des arbres et quelques monts m'entourant, presque impossible de voir la rivière ou de vraiment s'en approcher. Juste une fois, j'ai pu descendre et aller tâter la température de l'eau. Glaciale.
Arrivé à l'embranchement pour revenir sur Banff en passant la rivière, j'ai croisé un belge et un canadien qui venaient de Canmore. En parlant avec eux, j'ai hésité à partir dans cette direction, mais je me suis dit, qu'il ne fallait pas tenter le diable. J'avais remarqué dans quelques montées que mon souffle me trahissait et que mes jambes avaient un peu de la peine à suivre. Autant ne pas prendre de risque....
Le retour, par un chemin un peu plus "sauvage" m'a franchement plu. Depuis le chemin j'avais une vue imprenable sur la vallée, les montagnes environnantes et cette rivière que je voulais voir. J'ai des photos bien sur, mais il faudra attendre.
Sur le chemin, une place pour le camping a été installée, et comme indiqué partout, le lieu pour stocker la nourriture et pour préparer à manger se trouve à bien plus de 100 mètres des tentes.
A l'aller la route est assez bonne, sur le retour, il y a des flaques bien boueuses un peu partout, la première on essaye de l'éviter, après on fonce dedans quitte à finir couvert de terre. Je n’étais pas la pour sortir de la foret aussi propre et frais qu'en y rentrant ;-)
Le seul hic, c'est l'arrivée. Apres une nouvelle descente caillouteuse casse-gueule on tombe directement sur un golf!! J'ai presque eu envie de le traverser avec mes roues bien boueuses mais je n'ai pas prit le risque en voyant ces mêmes belles gens dans leur petite voiture (je ne connais pas le nom de ces golfo-mobiles) et habillées impeccablement en blanc.
Un peu rencontre du troisième type.
Revenant sur Banff, je suis tombé par hasard sur les fameuses chutes, sympas mais rien d'extraordinaire en fait et surtout envahie de touristes (certaines en talons aiguilles) à cette heure là.
Pour la fin mon tour j'avais encore prévu de monter jusqu'aux sources thermales et de faire la montée à pied jusqu'au Sulphur Mountain d'ou on peut avoir une vue fantastique sur la région, mais j'ai remarqué que même en faisant des stops, la montée à velo jusqu'au départ du sentier commençait à me couter sérieusement. En plus, vu le nombre de bus, voitures, motos qui fonçaient dans la même direction, je me suis dit que je préférais éviter ca.
Retour sur Banff où la faim commençant à me tenailler et en faisant mes calculs, je réalisais qu'à part une tartine et un mars, je n'avais rien avalé depuis 24h. La raison peut-être de ma fatigue... Oui je sais, faut se préparer. Mais j'ai toujours de la peine avec les petits-déjeuners copieux et sur Banff je ne voulais pas me goinfrer de spécialités ultra-super-extra sucrées.
Ce qui m'a part contre dégouté en revenant en ville, c'est le monde qu'il pouvait y avoir et cela ressemblait plus à un défilé de mode qu'a une station de départ pour marches dans la montagne et camping sauvage. Rien à envier à New-York a certaines heures.
Le comble fut atteint lorsque j'ai commencé à entendre de la musique andine, jouée par des équatoriens (d'après les habits) et qui attirait la foule, particulièrement une quantité impressionnante d'asiatiques (à première vue de deuxième génération car ils parlaient tous anglais). Tous se faisant prendre les doigts en V devant le groupe..
Law ce fut, direction un petite rue, une terrasse face aux montagnes et mon Ipod sur les oreilles (Guitar Song de Texas si vous voulez tout savoir).
Vers 17h00 retour vers le terminal afin de prendre mon bus sur Calgary. Je suis au fond pas si mécontent de n'être pas reste à Banff pour la nuit, cette abomination de ville en plein milieu d'un parc n'étant vraiment pas pour moi.
En attendant le bus, j'ai fait connaissance d'un couple de québécois qui avaient tourné 4 mois entre les parcs aux USA et un mois de travail dans un bar à Victoria en Colombie Britannique (ca te tente Nath ?) et qui rentraient sur Québec depuis Calgary.
En les voyant chargés comme des mulets, je me suis, demain ca va être ton tour, car jusqu'a présent c'est l'avion et le taxi qui ont transporté mon sac a dos.
Ce soir il pleut des trombes, fait froid et la ville est morte. Pourtant nous sommes samedi soir. Il n'y a pas un chat dans la rue (la 17eme Avenue - la seule un peu animée ici), mais les bars et restaurants le sont aussi. J'imagine que tout le monde a déserté la ville pour ce week-end.
Cette ville à propos…. Dans plusieurs guides elle est montrée comme la ville du Far West etc, etc.. C'est vrai qu'il y a de cet air là, particulièrement lorsque je regarde les panneaux publicitaires mais qui sont écrits sur le même style que sur les enseignes des cinémas/salles de spectacle à New-York. Vous voyez le style ? Grosses lettres qu'on peut changer à sa guise et non pas une vraie affiche collée. Bien sur, un peu partout des références aux grandes plaines, etc., etc...
Une chose qui commence à me sortir par les trous de nez, c'est la quantité d'interdictions en tout genre qui recouvrent les murs des bâtiments et les panneaux le long des rues (interdit de fumer à moins de 5 mètres, interdit aux rollers, aux vélos, de mendier, de ne pas porter de chaussure, de de...) Le tout avec la menace qu'en cas de "violation", des poursuites sont prévues (loi a l'appui)...
Ca fait gentiment une impression d'être dans une ville très policée, très réglementée (j'ai même vu un bar qui exige deux pièces d'identité pour y rentrer et un autre qui en exige aux moins de 30 ans !!).
Comme dit hier, une ville sans âme, sans vie, sans bof.. Voilà quoi. Pas une ville à mettre sur Google comme étant le lieu à visiter de passage dans l'Alberta.
Pour les photos j'espère pouvoir les mettre depuis Vancouver.

