samedi 11 octobre 2008

Visite du Bronx

Depuis quelques mois déjà, mon collègue albanais du travail me proposait de venir visiter le Bronx. Comme la plupart, j'avais comme seules images, celles des émeutes et d'immeubles ou voitures en feu. J'avais franchement de la peine à m'imaginer ce quartier. A part, comme une zone dangereuse et ressemblant plus à un quartier mal famé d'une ville sud-américaine, qu'à un quartier où il peut y faire bon y vivre. J'avais malgré tout pris le temps de me renseigner un peu via le routard, d'après la visite de Nath en aout et celle d'un collègue de Zurich en stage ici.

Parmi les informations que j'ai pu glaner, il s'agit d'un quartier qui tire son nom d'un suédois du nom de Bronck et qui fut le premier à coloniser ce endroit, à l'époque encore peuplé d'indiens. Par la suite, ce quartier est devenu partie intégrante de la ville de New York en tant que Boro. Question densité; plus de 1,3 millions de personnes y vivent, faisant du Bronx le comté le troisième le plus peuplé des USA.
La réputation du Bronx n'est pas la meilleure qui soit, et avant d'y mettre les pieds, je me demandais ce qu'il pouvait avoir à y voir, à part le Zoo, le jardin botanique et le stade des Yankees.

Aujourd'hui à midi, je prenais rendez-vous avec Anton, mon collègue, pour aller chez lui et après aller visiter le Zoo (qui me semble-t-il est le plus grand au monde).
Il avait bien précisé de prendre le bus express et qu'il viendrait me chercher à l'arrêt. Comme j'ai pas vraiment la plus grande des confiances en les bus US, j'ai quant même opté pour le métro que je maitrise bien mieux, et qui au moins, ne devait pas se retrouver avec une rame venant en sens inverse.
En changeant de ligne après être passé sur le Bronx, la première constatation fut qu'en effet, on se retrouve un des rares blancs au milieu d'une rame à la majorité noire.
Lorsqu'on est habitué à circuler dans une ville où la population est très mélangée, cela ne fait aucune impression d'être entouré de toutes sortes de nationalités et de races. Mais là, cela fait quant même bizarre de se retrouver le seul blanc, à part deux ou trois autres, et d'avoir parfois l'impression qu'on vous regarde comme un oiseau rare. Je me suis dit, effectivement on a toujours des aprioris sur les autres, même si on se dit ouvert sur le monde. C'est quelque chose qu'il faut toujours garder en mémoire et travailler si on visite un endroit où c'est vous "l'étranger".

Bref, arrivé à l'arrêt, personne. J'appelle, il me donne un rdv que je ne comprends pas. Bien sur, lui il est du quartier et moi sans plan, bonjour pour trouver la rue et le poste de police dont il me parlait. J'en profitais pour regarder autour de moi et pour prendre quelques photos, même si je faisais quant même plus attention que d'habitude.

Dans le Bronx, comme dans Queens et Brooklyn, les lignes de métros sont aériennes. En venant sur cet arrêt, j'avais déjà pu jeter un coup d'oeil aux alentours. Un mélange d'immeubles bas, pas forcément des plus récents et des rues surtout très tranquilles à la différence de Manhattan.

Vue sur le métro


Après nous être enfin retrouvés, nous sommes allés chez lui en voiture. Il conduit comme un tarré!!! Je lui ai sorti (pardon pour ceux qui se sentiraient vexés), qu'il conduisait pire qu'un italien ou un français. Il a coupé je ne sais combien de double-lignes, grillé des feux rouges, tourné sans clignoter, passé s'en s'arrêter à des stop et encore moins des céder le passage, coupé la route à va savoir combien de voitures, même en sens inverse tout au long de la journée. De quoi ressortir avec un retrait de permis pour quelques années et des milliers à payer ;-)

Sinon, arrivé en un morceau, je pouvais enfin découvrir ce Bronx dont il m'avait tant parlé.
Il vit dans un quartier situé vers, mmmh, l'est ? Un quartier résidentiel très sympa. Pas de grands immeubles ici. Uniquement des maisons à deux étages au maximum.
En entrant chez lui, j'ai eu l'impression d'être plongé dans une sorte de reliquaire albano-catholique. Des drapeaux albanais, des livres et films de même, des photos de famille, beaucoup d'images et représentations du Christ, de la Vierge Marie et va savoir quel autres saints exposés sur chaque centimètre disponible. Pour préciser, il vit encore avec sa mère, mais en fait c'est sa mère qui vit chez lui. Si j'ai bien compris l'histoire de famille, elle l'a rejoint après la mort du père en Albanie. La décoration de l'appartement ferait malgré tout penser au contraire, mais je me suis retenu d'en faire le commentaire.

Si je suis passé chez lui, c'est qu'en fait nous devions réserver notre vol sur la Nouvelle-Orléans dans une semaine. Lorsque je l'ai connu au travail et qu'il m'a demandé, deux semaines après l'avoir connu, si il pouvait m'accompagner à Montréal; je me suis dit: heu.. ouais.. bon molo là, ça fait deux semaines qu'on se connait et à force de le voir parler sans arrêt en albanais au téléphone; il me faisait plus penser à un mafioso organisant son trafic, qu'à un respectable travailleur d'une banque.
Et oui, encore un apriori stupide. Je m'en rends parfaitement compte. Alors, voilà, samedi prochain nous partons sur la Louisiane pour trois jours. Je me réjouis de découvrir enfin cette ville, même si je sais qu'en dehors du centre, les traces de Kathrina sont largement visibles. Je ne sais pas trop si je vais aller faire du tourisme voyeur dans ces quartiers. On verra sur le moment.

Sinon, pour parler d'Anton, après les premières impressions de rentre-dedans et son côté dragueur à deux balles, il s'est avéré être quelqu'un avec qui j'ai plaisir à parler. Plusieurs points m'y ont aidé. Il parle bien sur couramment anglais (cela m'aide oh combien beaucoup pour apprendre autre chose que le vocabulaire bancaire), albanais, mais il se démerde aussi super bien en italien, espagnol (il prend des cours et je lui fais réviser ses leçons) et pas mal le français. De quoi rendre vert de jalousie pas mal de monde.
Il y a quelques mois je l'ai aidé à revoir son CV, car il a comme idée de venir travailler en Europe. Comme je le mentionnais déjà, j'ai été très surpris de voir quelqu'un qui veut venir travailler dans notre vieille Europe, lorsqu'on sait la quantité qui rêve de venir de ce côté-ci vivre le rêve américain (mais avec la crise va savoir...).
Bon, avec son parcours professionnel, je pense qu'il n'aurait pas trop de problèmes, surtout qu'il a déjà travaillé pour la Deutsche Bank (qu'il prononce très bien en allemand) et d'autres banques ici à New York. Moi, qui de mon côté, m'imagine parfois un avenir quelque part aux antipodes.. il faut vraiment que je révise le tout.

Nous sommes également montés sur le toit et on peut y voir bien sur le Bronx, mais aussi au loin Manhattan et l'Empire State Building qui ressort très clairement au milieu.


Je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir les toits aux USA à part à travers les films. Ici, c'est pas le choix qui manque tout autour.



Dans mon immeuble, je n'ai pas droit à la multitude d'avertissements et autres, mais ici cela rempli un bon bout du mur.


Le coin poubelles ( pas celles des rues mais des immeubles). Au moins ici, à la différence de Manhattan, elles existent. C'est peut-être la raison de ma surprise d'en revoir... enfin.


En traversant le Bronx, le métro est omniprésent. Même si vivre à côté ne doit pas être de tout repos, l'aspect industriel m'a pas mal plu.


A la différence de la Little Italy de Manhattan, celle du Bronx est considérée comme la vraie. Ici, on entend vraiment de l'italien, du napolitain et un mélange italo-anglais à chaque coin de rue. Les mamas sont bien présentes et le café a le GOUT à café et pas à cette chose brune, à laquelle j'ai droit tous les jours.




Le Bronx est simplement, en tout cas dans cette partie, un Boro tout à fait fréquentable et pas une zone laissée à l'abandon


Anton m'a expliqué que le quartier est aussi peuplé d'une grande quantité d'albanais, qui semble-t-il, ont également décidé de venir s'installer ici. Ce qui fait que vous aurez des échoppes, des restaurants et autres, soit italiens, soit albanais.


Le marché.
Ici, ça gueulait carrément en italien et en quelque chose qui me semblait être ce mélange italo-anglais déjà entendu.


L'huile d'olive à un prix prohibitif, mais directement importée.


Après Little Italy, Anton m'a amené voir ce qu'il appelle gentiment le "zoo". Dans le routard, j'avais lu qu'on pouvait faire une visite dans le Bronx en s'y rendant. En effet, cette rue, la Fordham Road, ressemble à tout sauf à New York, ou simplement le quartier d'où je venais de sortir, à peine à 10 rues de distance.

Ici, c'est les enseignes habituelles, mais surtout une quantité de vendeurs de toutes sortes et une foule incroyable. On revient ici dans le quartier afro-latino-américain.

Sur le Grand Concourse du Bronx




Un tunnel urbain sous le métro

Depuis ici, j'ai pris le dernier arrêt de la ligne 4, à Woodlawn. On est relativement proche de la sortie nord de la ville de New York. Dans le quartier se trouve également un immense cimetière, il me semble l'un des plus grands de la ville, et plusieurs parcs, plus grands que le Central Park.
Au passage, après être passés devant le cimetière, je lui ai posé la question de savoir où il aimerait se faire enterrer, ou au moins sa mère.. Je sais, la question peut sembler saugrenue, mais lorsqu'on a de multiples attaches, celle-ci peut avoir son importance. Dans le cas de sa mère, c'est où son mari repose, ce qui veut dire en Albanie. Dans son cas, il ne le sait pas encore, mais effectivement, cela arrivera surement plus tard, au fil des années, famille aidant, etc...

Sinon, en prenant cette photo, ce que j'ai aimé, c'est l'impression de "rentrer" dans New York. C'est une chose à laquelle je n'ai jamais réellement été confrontée, car je suis arrivé presque chaque fois par avion, et bien sur il y a moins ce sentiment de passer une limite... La raison de sentiment ? Je l'ignore moi-même.


Une gare pour les rames de métro. Ici, on ne voit qu'une toute petite partie, mais l'ensemble fait plusieurs centaines de mètres de longueur.

En tant normal, je ne me serais pas arrêté pour prendre la photo, mais en voiture cela posait moins de problèmes. Ici, il n'y a rien.. Juste le métro, la gare du métro et des bâtiments commerciaux tous fermés et souvent d'en un piteux état. Ce quartier semble en partie abandonné et franchement lugubre.


Ecole avec terrain de jeux

De retour sur la Fordham Road


J'aurais bien voulu m'arrêter pour prendre des photos, mais tout compte fait, je sais pas si cela aurait franchement bien passé.




Et le vrai zoo, que pour finir, je n'aurai pas visité.
Je préfère avoir pu changer d'avis sur le Bronx. Découvrir que ce n'est pas uniquement un quartier dangereux et inhabitable. Il y a bien sur des problèmes; le niveau de vie y est bien plus bas qu'ailleurs, l'insécurité est une réalité et certains quartiers sont à éviter, mais, Anton m'a raconté, qu'après plus de 11 ans sur place, il n'avait jamais eu de problèmes et à force, on ne regarde plus cela autrement que comme faisant partie d'une autre facette de cette immense ville (plus de 1000 km2...).


Pour rentrer, j'ai pris le bus express et je ne suis pas mort écrasé par le bus retourné; mais au contraire, je suis arrivé chez moi en moins de temps que je ne le pensais. On en apprend chaque jour...

jeudi 9 octobre 2008

A la question..

...et les élections ? Et bien, j'ai regardé le dernier débat et je l'ai trouvé...hum.. difficile à dire. Je dois l'avouer, pour suivre ce genre de débat, il faut non seulement bien comprendre l'américain, mais aussi comprendre les sous-entendus, les références utilisées.. Alors en fait, je suis allé voir après les commentaires sur les journaux locaux et internationaux.
C'est là, que j'ai eu un peu plus l'impression de comprendre le ton de cette campagne. Bon, elle tourne beaucoup autour de la crise, de l'Irak et autres. Mais en fait, je vais attendre le dernier débat dans moins de dix jours pour voir quelles seront les réactions. A première vue Obama est bien placé.
J'ai (dû) regarder certaines émissions et reportages sur France2 et TSR pour avoir une image de la campagne. Ici, à part des gens portant des t-shirt ou un chien samedi passé, c'est pas comme si à chaque mètre, vous vous trouvez avec des sympathisants d'un côté ou de l'autre.
Le vote aura lieu dans 25 jours, d'ici fin octobre je pense que cela va s'intensifier.

En fait, en ce qui concerne les grands thèmes qui remplissent les journaux télévisés en Europe, pour la plupart, pour ainsi dire les 3/4 de leur durée, ici ce soir, j'ai eu droit à 5 minutes sur la campagne et pas plus sur la crise... J'ai eu plus droit à des images d'une femme accusée d'avoir tué son enfant, la montrant dans des magasins, apprenant quels montants elle a pu dépenser, les habits qu'elle a portés depuis le début de l'affaire, etc.. et après on passe à la météo (très agréable au passage).
On devrait plutôt faire un reportage sur l'utilisation de l'air conditionné à plein régime et des conséquences sur la santé des travailleurs.. Moi je gèle au bureau, presque pire qu'en hiver. Un miracle si je ne chope pas la troisième crève en 4 mois..

Sinon, je sais pas vous, mais je crois que vous pouvez avoir plus facilement accès à des informations critiques que moi... Donc, ce n'est pas vraiment par moi que vous aurez des impressions très précises.

Sinon, pour ce qui est des "évenements" à venir. Ce WE je vais voir Madonna pour son dernier concert à New York. J'ai entendu qu'il est vraiment bien!

A+ :-)

mercredi 8 octobre 2008

Quelques nouvelles

Entre les demandes si je vais bien, si la situation va bien.. et bien, difficile à répondre aussi facilement. D'une part, la situation comme écrit pour nous va bien, d'autre part, pour moi j'ai l'impression de me retrouver déjà dans l'avion.
Je sais que j'ai encore presque deux mois, mais il me semble que c'est demain. J'aimerais pouvoir dire, écrire, je reste. Et oui, après avoir eu quelques soucis pour m'habituer à cette ville, canicule aidant, la je me sens bien.. Bon, à part l'air conditionné auquel je ne pourrais jamais m'y faire (deux vestes au bureau pour supporter.. manque plus que le bonnet et l'écharpe).
Lorsque je me suis retrouvé perdu au milieu de ces grandes étendues de l'ouest, j'ai aimé, j'ai adoré me retrouver ainsi. Cela me manquait tellement. Là, de retour en ville, j'aime me promener simplement.

Je vois, je découvre tellement de personnes qui décident de tout abandonner pour peu. Et pourquoi pas moi ? Je pense que je vais devoir me décider bientôt. Je me sens de moins en moins apte à repartir pour le bureau en Suisse, en tout cas tout de suite.
De toute manière, je sais que j'aurai toujours un parachute en Suisse (merci le système) si nécessaire. Alors, ... entre me poser la question et profiter un peu de la vie. Alors, je pense qu'il me faudrait prendre une décision. Je ne sais pas encore à quel moment. Mais dans mon esprit, j'ai trop de choses qui bougent, et une d'elles c'est que la vie est trop courte pour ne pas en profiter.

Mmmh... petite escapade de l'autre côté de la planète et nouveau blog : rodrigoaupaysdeskoalas ? ;-)

mardi 7 octobre 2008

A ceux qui se demandent...

... comment va la situation... Et bien: bien...
Chose étrange, compte tenu de la chute de certains, d'autres y gagnent et il semblerait que nous fassions partie des gagnants, en tout cas par ici. Rarement autant de travail, voire du "stress"... Mais en fait personne ne parle de la crise. On ne parle que de nouveaux comptes etc.. donc pour ma part, je ne ressens la crise que via la télévision ( en particulier européenne) et les journaux... Mais sinon, de la à voir les gens inquiets ??? Absolument pas. Surement ailleurs oui.. Surement à Wall Street... Mais nous,... nous sommes d'un calme presque trop serein.. Alors voilà.. tout va bien... On verra pour combien de temps...

samedi 4 octobre 2008

Après le Guggenheim

Je suis allé voir la parade coréenne, mais même si elle était annoncée jusqu'à 15h00, à 13h30 elle était déjà finie et j'ai surtout pu voir les participants remballer les décors. J'ai quant même réussi à choper celui-ci au coin de ma rue.


En route vers le Guggenheim. Début de la noirceur...




Puis la lumière, le soleil illuminant le Guggenheim



Après avoir visité le musée, je suis resté sur ma faim/fin. La partie en escargot est fermée pour causes de travaux. Dans les galeries trois étages sont dédiés à une photographe lesbienne qui a voulu retranscrire l'art lesbien par des photos prises dans les rues de San Francisco et Los Angeles, ainsi que par des photos de couples lors d'un voyage dans le centre des USA et des rues de certaines villes.

Pour certaines photos, je l'accorde, elles sont sympas. Une, voire deux m'ont vraiment intéressé. Mais franchement, la plupart ne sortaient pas de l'ordinaire et souvent celles présentent sur internet sont bien meilleures.

Je me suis dit, soit je ne comprends rien à l'art, soit je dois vraiment être insensible à celui-ci. En tout cas, les divers thèmes présentés: des Freeway, des Malls urbains, des maisons des quartiers riches de LAX, des personnes mises en pose, etc.... ne m'ont pas touché et je n'ai plus vraiment pris le temps de m'arrêter devant chaque photo exposée.

Je crois, que passablement de visiteurs faisaient de même, certains passant devant sans les regarder, mais tout en continuant à parler. Une sorte de promenade, mais entre 4 murs...

Les seules qui pour moi valaient le détour, c'était une série prise avec un Polaroïd de la télévision avec Bush après Kathrina ou des journalistes commentant les dégâts avec un sourire Pepsodent... Donc, heureusement que je n'ai pas payé, car j'en suis sorti assez déçu. On verra lors de la réouverture de la rampe et l'exposition qui doit y être montrée "theanyspacewahtever" à partir du 24 octobre.

Il y a aussi une mini-galérie sur certains peintres comme Picasso et Van Gogh mais bon, après le MoMa et le MET que je vais refaire, le peu qui y est exposé ne vaut pas le détour. J'ai beau avoir cherché, je n'ai rien vu qui me fasse dire : ah tiens, te voilà donc, c'est ici que tu es exposé...

Je regrette par contre, et c'est ce qui m'est arrivé au MoMA, d'avoir presque tout oublié des cours d'histoire de l'art et à part quelques mouvements facilement reconnaissables comme les impressionnistes, je n'oserais plus dire si telle peinture fait partie de tel ou tel mouvement, si le peintre est dans sa période "X" ou "Y". Bon, à part Picasso pour qui c'est encore assez facile. C'est criant dès que vous regardez un tableau ;-)
Cela me donne envie de me replonger dans un livre décrivant l'évolution de l'art en particulier du 19ème en avant. C'est là, où je me suis senti un peu frustré de ne pas pouvoir donner ma propre opinion, sans devoir recourir à l'internet ou un livre pour comprendre ce que le peintre à voulu transmettre / dire à travers son oeuvre.

Pour finir, ce qui en est ressorti de cette visite, c'est que le musée à lui tout seul vaut (presque) autant que ce qui y est exposé (en tout cas jusqu'à présent) et j'en ai sorti ceci:




Vous pensez à quoi les germanophones ? ;-)

En chemin vers le métro. Même les chiens font de la pub pour les élections.





Retour dans la noirceur du métro. Après avoir pesté et franchement détesté ce métro, maintenant que j'ai réussi à l'apprivoiser, je l'aime. Même si je dois attendre parfois très longtemps, changer de lignes trois fois, me retrouver à l'heure de pointe coincé dans la rame.
Je m'imagine les rues qui défilent au-dessus de moi. Je vois ces gens qui vont au travail, rentrent chez eux. J'écoute avec attention les annonces des arrêts. Je les enregistre presque dans ma tête et je pourrais en répeter certaines sans problème de simple mémoire. Lorsque j'arpente les grandes stations, je commence à y trouver une certaine fascination. Je vois ces groupes apparus ces derniers temps et qui chantent, dansent, invitent à la fête au milieu du stress urbain.
L'été, le métro ressemblait à une torture chinoise. Là, il est devenu habitable, visitable. On l'aimerait presque.










Mon arrêt



Et quelques vues depuis ma terrasse (que j'ai découverte il y a 10 jours.. no comment)

Mon travail


Vous voyez la statue de la liberté, le petit point au milieu ?

Le quartier de Times Square


Le point au milieu c'est un avion arrivant sur Newark



La 6ème Avenue

Le quartier du Brooklyn Bridge, Brooklyn en arrière-plan


Coucou, me voici enfin ;-)


vendredi 3 octobre 2008

Saison des musées

Maintenant que le temps s'est rafraichi, il est idéal pour fréquenter les divers musées de cette ville, en plus gratuits grâce à ma banque.

Après le MET, le musée d'histoire naturelle, jeudi passé (02.10) je suis allé au Musée juif.
Dans ce musée, il s'agit avant tout de montrer de quelle manière la religion juive s'est développée au cour des siècles. Depuis le royaume d'Israël, en passant par le premier temple et sa destruction, l'exil à Babylone puis jusqu'à la révolte sous l'Empire romain vers 70 ap. JC et la destruction du second temple.
L'exposition explique aussi comment la religion a subsisté sous l'Empire romain et après, pendant tout le Moyen-Age, jusqu'à la création de l'Etat d'Israel.
Concernant la Shoah, une petite salle montre les rues de Tel-Aviv pendant les deux minutes de silence observées chaque année en souvenir.

Sinon, j'ai particulièrement apprécié une exposition temporaire où certains fragments du manuscrit de la mer morte sont exposés. Un film explique où et comment ils furent découverts, analysés et surtout ont permis de compléter/corriger certains passages de la plus ancienne version écrite de la Torah qui date du 11ème siècle (environ).
Certaines Torah du 17ème et 18ème siècle sont également exposées. J'ai été impressionné par leur état de conservation, sachant que la plupart proviennent de Pologne ou d'Allemagne (guerre oblige).

Dans diverses salles, on explique également de quelle manière celle-ci est étudiée, avec par exemple les diverses annotations rajoutées au fil des siècles et bien sur ses multiples interprétations.

Finalement, ce sont plusieurs salles qui montrent la vie de tous les jours, les diverses fêtes juives, le calendrier juif (c'était nouvel an juif cette semaine), des objets de culte, etc. En somme, un musée qui permet de découvrir une religion autrement qu'à travers la guerre et l'actuelle situation au Moyen-Orient.

Hier vendredi, j'ai continué avec mon tour des musées, cette fois-ci le MoMA. A la différence du musée juif presque vide (nocturne oblige), le MoMA ne désemplit pas et si ce n'est grâce à mes entrées préférentielles, je n'aurais pas pu voir l'exposition sur Van Gogh: The Colors of the Night.
Bon en arpentant les diverses salles, j'ai constaté que j'en avais déjà vu une bonne partie, à Amsterdam il y a quelques années, mais le plaisir est toujours aussi grand.

La ou une des pièces maitresses, possession du musée, est bien sûr celle-ci: la Nuit Étoilée.
Je l'ai prise depuis internet, je n'avais pas mon appareil photo et de toute manière le résultat aurait été mauvais.
Certaines lettres sont exposées et j'ai été surpris de voir que Van Gogh écrivait en français. Bon, le texte va dans tous les sens, on ne sait pas toujours où il veut en venir (un peu comme moi ici...). Il change d'écriture à plusieurs reprises, parfois presque illisible, puis avec des grandes lettres, puis à nouveau d'une main tremblante, etc... Compte tenu de son état mental, j'imagine que celles-ci permettent quelque part de s'en rendre compte.

Pour ce qui est des autres peintures exposées et si vous comptez venir à New-York avant janvier 2009, vous pouvez consulter l'exposition online sur le site du MoMA.

Sinon, d'après les infos du musée, la collection comprend 3600 peintures, 10000 œuvres au crayon, 1200 vidéos, plus de 22000 films etc.. Vous pouvez vous imaginer que le visiter en une seule fois s'avère impossible.

Pour ma part, je me suis "contenté" des peintres et entre les Matisse, Chagall, Miro, Dali (que j'adore), Kandisky, etc.. j'ai découvert que le musée possède cette peinture de Picasso. C'est la seule photo que j'ai prise et en plus avec le natel...

Les demoiselles d'Avignon


Question photos; il est surprenant de voir la quantité de visiteurs qui prennent des photos, en s'arrêtant à peine, puis passent à la suivante et ainsi de suite. Je me suis demandé: ils vont découvrir ce qu'ils ont prit en photo sur leur ordinateur de retour à la maison ? J'étais pour finir content de ne pas avoir mon appareil en main.

Ah, et une autre pièce qui m'a marqué, c'est un lapin empalé sur une toile et avec autour les détails d'une recette de cuisine; température et temps de cuisson y compris. Je n'aime pas manger du lapin, mais le côté un peu sordide d'exposer un vrai animal en tant qu'œuvre d'art m'a troublé.. Au passage, en voulant m'approcher, je me suis fait très gentiment engueuler par une gardienne, qui entre deux machouillis de son chewing-gum, m'a clairement fait comprendre (elle a carrément crié) que je ne devais pas dépasser la limite indiquée sur le sol (un mini bout de bois posé qui semblait presque faire partie de l'exposition...).

Je crois que les gardiens à eux seuls mériteraient des photos. Ils semblent collés contre les parois, une jambe relevée, parfois à moitié endormis et tous mâchouillant la bouche grande ouverte (on ne nous a pas appris depuis notre tendre enfance à mâcher la bouche fermée ? )

Et sinon, un peu de nostalgie pour l'Expo 02 en Suisse. Les plans du nuage d'Yverdon ainsi qu'un film le montrant sont exposés dans une petite salle. Vu que je l'ai visité et surtout adoré, c'est avec grand plaisir que j'ai pu le revoir, même si ce n'est qu'en images.

Bon après deux heures dans le musée, il devient difficile de se concentrer et de s'arrêter devant chaque tableau et je pense qu'une deuxième visite s'impose. Je n'ai pas vraiment pu m'arrêter dans les salles réservées à la photographie (je devrais, je sais) et les médias en général. Mais aussi peut-être simplement pour prendre le musée en photos. Son architecture à elle seule vaut le détour!!

Sinon, je loge depuis mercredi via le couchsurfing un allemand de Berlin (des italiens, un brésilien, un autre italien et des espagnols seront également logés chez moi dans les prochaines semaines. J'aime vraiment ce système : www.couchsurfing.com).

Après le MoMA hier, nous allons visiter le Güggenheim cette après-midi. Continuons de profiter de mes accès gratuits!

Et j'oubliais, aujourd'hui c'est parade coréenne juste à côté sur Broadway. Je vite foncer sous la douche et aller m'imprégner de culture. Décidément, je vais finir par en faire une overdose ;-)