mardi 12 août 2008

Analyse machine à laver

Entre deux allers et retours pour faire mes lessives (et oui ma femme de ménage fait des miracles toutes les deux semaines chez moi mais je suis encore astreint à cette corvée on ne peut plus gratifiante) je me suis mis à réfléchir sur cette société dans laquelle je suis tombé il y a maintenant un peu plus de deux mois.

Il y a un peu plus d’un mois je donnais mes premières impressions sur la ville, le travail, les gens. Les semaines passent et je ne peux pas vraiment changer mon opinion.

Bien sur, je commence à accepter de ne pas entendre un mot dans l’ascenseur, de boire mon café toujours aussi dégueux à longueur de journée, de voir mes collègues scotchés sur leur écran, une fourchette dans la main et le plateau repas dans l’autre pour la pause de midi, de voir que la différence de statut social même au bureau existe, de voir à quel point les employés dans les supermarchés ou le métro ont l’air triste et ennuyés de la vie à en mourir, de me faire refuser une course par un chauffeur de taxi car pas à son goût (paraît que les chauffeurs genevois font pareil..), de constater que les nouvelles se limitent à ce qui peut se passer dans le pays voire dans la ville, de réaliser à quel point l’écologie est encore un mot inconnu au bataillon absolument partout, de supporter les odeurs dans la rue et le métro (bon Paris est pas mal aussi parfois..), de devoir prendre du papier pour tenir la poignée de la porte des toilettes car les gens semblent ne pas connaître les mots savon et eau après les besoins (au travail svp..), d’accepter qu’une chaîne de télévision ait empêché toute mention des jeux jusqu’à sa propre diffusion pour des questions de droits achetés à prix fort, enfin pleins de petits détails qui font que la vie dans la grande pomme ressemble à une remise en question de toutes mes valeurs apprises de l’autre côté de l’océan.

Quelles raisons ont bien pu pousser une société urbaine comme celle de New York à devenir aussi peu…. développée voire communicative? On dit qu’ailleurs c’est différent, je veux bien le croire mais je l’ai pas encore découvert (ah oui sur Fire Island), cela sera sûrement le cas dès que je serai prêt à payer 200 USD pour Boston (qu'on dit plus "heureuse") ou Washington D.C…

Au Canada, j’ai été surpris de découvrir des gens accueillants, souriants (même dans les lieux dit à la chaine comme un Mac ou la tour CN), curieux, enfin des humains quoi !

Il y a bien les gardiens de mon immeuble qui sont toujours accueillants et que j’ai plaisir à saluer matin et soir et mes serveuses du café du travail qui étant latinos me disent à chaque fois « hola mi amor », « gracias mi amor » « como estas mi amor » « hasta luego chico ». Enfin, un minimum de civilité… Bon le mot « amor » à chaque fois me fait presque rire mais je m’y mets aussi. Au moins pas de risque avec des latinos d’être accusé d’harcèlement sexuel !

Du travail en lui-même, pour des questions de directives, je ne peux en parler, mais la différence entre ses murs et ce qui se trouve au dehors ne diffère pas vraiment.

Pourquoi dans des pays connus pour être pauvres, la joie de vivre semble parfois plus présente que dans une société dite « développée ». A mon avis, juste une définition économique mais non sociale. Si on devait classifier selon cette dernière mesure, je me sens dans un pays plus riche en étant au Mexique, en Argentine ou au Chili (bon vous direz logique je suis aussi latino), mais la langue ne fait pas tout. C’est aussi peut-être ce qui est souvent dit, aussi par mes amis qui ont voyagé ailleurs, en Afrique, en Asie dans des régions réputées pour pauvres à très pauvres mais où l’accueil est un mot d’ordre, où le sourire existe.

Je constate à quel point les gens peuvent sembler tristes. Dommage. L’argent ne fait en effet pas toujours le bonheur.

Bon voilà une analyse qui vaut ce qu’elle vaut. Juste besoin de le sortir.

Mais pas de soucis, je n’ai pas perdu mon sourire, je continue à me dire qu’il s’agit d’une expérience qui me marquera, c’est sûr.


Jeudi dernier lors de la soirée avec Nath


Je profite surtout de la Night Life new yorkaise qui vaut le détour. Si je ne m’écoutais pas, je sortirais tous les soirs, mais là il me faudrait me trainer au travail le matin et me mettre des allumettes pour garder les yeux ouverts. Donc je me limite aux Week Ends et petites exceptions, parfois les dimanches (c’est le meilleur jour de la semaine pour sortir) et les French Afterworks bimensuelles ;-)

L’autre activité que je pratique toujours avec plaisir, c’est le shopping. Question carte de crédit, elle fait mal, mais je m’en fous. Je me fais plaisir à chaque fois.

Sinon, je me suis mis à planifier mon voyage à fin août, j’ai prévu un voyage un peu fou, 4000 kms dans l’Ouest canadien et américain. Mon départ sera Calgary, puis Vancouver, Yellowstone et après direction le Grand Canyon, vallée de la mort et après en route vers le nord jusqu’à San Francisco. Je sais juste que j’ai mon vol aller et mon vol retour. Au milieu se sera au bonheur la chance, au jour le jour, selon mon envie, ma fatigue et le temps bien sur. Je veux surtout me concentrer sur les parcs qui sont réputés pour être faaantastiques.

Ce Week End je fais un saut de trois jours à Montréal. La ville m’a comme qui dirait.. appelé ?

Et sinon, après des semaines de canicule, j’ai froid avec juste 22 degrés au milieu de la journée et des pluies démentielles trois fois par jour. Je me retrouve à porter une veste et à être mort de froid… Et oui, on s’habitue. Bon, les températures doivent remonter et on va de nouveau atteindre un agréable 30.. et moi qui réclamais à cause de la chaleur, là je la regrette franchement. ;-)

samedi 9 août 2008

Brooklyn, Dumbo, Bridge, Soho

Grâce à Nath, que je dois chaleureusement remercier ici, je dispose enfin d’un guide qui me comprend (ou que je comprends), enfin simplement le routard sur New York. Ce n’est pas que je n’ai pas de guide, j’en ai reçu un avant de partir, mais celui-ci est un peu trop, tout est beau, fantastique et facile et le tout en anglais (pas de soucis, cela fait longtemps que je n’ai pas besoin de traducteur).

J’avais simplement besoin d’un guide qui puisse franchement me dire ce qui est à faire, ce qui est à éviter et qui s’approche de ma façon de visiter. C’est donc appareil dans une main et guide dans l’autre que je suis parti visiter cette ville ; temps parfait pour visiter, un petit 25, quelques nuages dans le ciel, loin des 35 d’il y a deux semaines.

Même après deux mois, il me reste je ne sais combien de quartiers, musées, monuments et autres à visiter. C’est assez fou en fait. Une même rue semble bien terne la journée et prend un tout autre aspect au coucher ou la nuit ou l’inverse.

Je me suis donc décidé de sortir de Manhattan et d’aller enfin dans Brooklyn. Vous direz, attendre deux mois pour y aller ? Bein, au travail lorsque j’ai posé la question, on m’a sorti qu’à part le musée local et le grand parc il n’y avait rien à voir ou à faire. Et bien, grave erreur. Une version du routard en anglais serait idéale, version que je distribuerai volontiers au travail.

Je précise que Brooklyn est un Boro avec juste 2,5 millions d’habitants, ce n’est pas comme juste décider d’aller visiter les Pâquis une après-midi d’été.

Après une petite demi-heure de métro (oui NY est très grand), je suis sorti à Clark Street, totalement au pif, ne sachant absolument rien de l’endroit. La seule chose faite jusqu’à lors, c’était d’avoir regardé sur maps.google les images des rues.

Sortant du métro je me suis retrouvé tout simplement ailleurs. Des ruelles d’un calme bienvenu, bordées d’arbres et surtout aux maisons à l’architecture chaleureuse. Routard en main, j’ai appris que ce quartier a été rénové et a échappé aux destructions habituelles ici.

Il s’agit d’un quartier au bord de l’East River, les rues portent des noms de fruits (donnés par une habitante du quartier) et qui se fait appareil à la main et non plus cette fois-ci le nez vers le ciel mais au contraire à hauteur d’homme.

Une promenade le bordant permet de voir le sud de Manhattan et le Brooklyn Bridge. Le détour en vaut la peine, à part la Highway qui passe juste en dessous et qui fait que le bruit des voitures ne permet pas vraiment un moment relax face aux tours.

Après, toujours sur les conseils du Routard, je suis allé vers Dumbo, abréviation de Down Under the Manhattan Bridge Overpass. Ce quartier est situé entre les deux rampes d’accès aux ponts de Manhattan et de Brooklyn. Il s’agit d’un quartier d’entrepôts qui a été rénové. A présent, c’est hôtels et restaurant chics qui s’y trouvent, mais certains vieux bâtiments à moitié détruits subsistent.

Au bord de l’East River un parc a été créé. Malheureusement question calme il faudra chercher ailleurs. D’un côté le métro sur le Manhattan Bridge, d’un autre la circulation sur le Brooklyn Bridge, d’un autre les hélicoptères au dessus et les bateaux sur l’eau font que ce lieu est en fait assourdissant. J’ai malgré tout pris quelques photos, très touristiques, mais pas toujours.. J'ai surtout évité de prendre un apéro de mariage qui avait justement lieu dans ce parc.

Après il s’agissait de revenir sur Manhattan et quoi de mieux que d’arpenter le Brooklyn Bridge ? Le début facile et encore tranquille mais au fur et à mesure que j’arrivais vers le milieu du pont, la foule devint franchement hallucinante. Question balade de santé il faudra y repenser. Je me suis demandé comment certains pouvaient faire leur footing dessus.

D’une part, en dessous le passage incessant des voitures et d’autre part, sur le chemin pour piétons, des touristes en nombre.. Au passage, français, italien et espagnol furent les langues que je n’ai pas cessées d’entendre. Serait-ce à cause de l’Euro face au Dollars ? C’est l’impression que j’ai eu. Prendre une photo calmement tient du miracle, mais j’ai réussi à obtenir quelques effets à mon goût.

Après une demi-heure de marche me voilà de retour sur mon île. Je suis parti sous les arches du City Hall, bâtiment monumental mais à première vue peu visité.

Je me suis arrêté sur une terrasse pour reprendre des forces et à côté de moi, deux québécois installés m’ont interpellé, je pense parce que je lisais mon routard, pour me demander si je savais dans quel quartier nous nous trouvions. L’accent du Québec est toujours une découverte et le leur était franchement très marqué ;-)

Nous nous trouvions au sud de Soho, au nord du quartier financier pour ceux qui voudraient le savoir. Après quelques échanges de commentaires touristiques, je suis parti via West Broadway pour remonter sur Soho. J’avais déjà entendu parler du quartier mais même mon collègue de Chinatown (plus où moins à côté) m’avait simplement dit que le quartier avait quelques boutiques et bars, mais rien de bien de particulier à voir. Et bien, il va falloir que je l’embarque pour lui montrer à quoi ressemble le quartier. Ok, il y a des boutiques partout, des bars, des caves à vin et restos chaque dix mètres, mais le quartier est surtout un îlot architectural au milieu du gigantisme présent ailleurs.

J’ai pris plaisir à voir ces petits immeubles, tous ayant leurs fameux escaliers extérieurs. C'est là que je me suis à nouveau rendu compte que le métro est très pratique, mais qu'il vous fait manquer des quartiers à découvrir. Il faut juste ne pas avoir peur d'avoir (très) mal aux pieds après une balade en ville.

Au passage j’ai trouvé le magasin Apple mais j’étais franchement trop fatigué pour aller voir les dernières nouveautés et de toute manière ma carte de crédit était restée à la maison (heureusement peut-être). Je vais devoir y retourner juste pour ressentir l’ambiance du quartier, faire mon shopping et prendre beaucoup de photos !

Le retour cette fois-ci s’est bien passé. Je commence à saisir ce foutu système de métro locaux et express. ;-)

Retour à la maison pleins d’images dans la tête mais, regarder les news, fâcheux de découvrir que le Caucase s’embrase à nouveau. Quid de la trêve olympique ?

Il y a beaucoup de photos, mais elles m’ont inspiré.

Petite ruelle dans Brooklyn












Une arche faite d'arbres qui donnent l'impression d'être dans une petite ville et non plus dans NY



Chaque porte comporte des détails intéressants

Parfois entre deux maisons, un jardinet, une arrière cour, un passage secret, restes d'un autre temps














Les restes d'un entrepôt, utilisés ce jour là pour un mariage





Anciens restes du port d'attache
La nature sait toujours reprendre son droit


Départ de la traversée












City Hall

La banque des immigrants. J'en ai découvert l'origine dans le musée de la ville de New York










D'un côté des tours

De l'autre Soho