dimanche 2 novembre 2008

Une bien belle journée d'automne

Samedi, après un réveil tardif, commencèrent mes tâches de Cendrillon pour laisser l'appartement nickel et avoir à disposition des linges parfumés à la lavande pour mes invités d'honneur de la Bretagne et du Genevois. Des heures à frotter et frotter, à souffrir le martyr dans la buanderie, fournaise à cette heure, à contrôler chaque recoins pour que nul acarien ne vienne perturber les narines sensibles de ces hôtes de marque.

Version réaliste : Une heure à tout plus et des machines à laver qui ont fait le travail sans que je n'aie trop à souffrir. Par contre, ce qui est vrai, c'est que j'ai bien du passer deux heures à chercher un foutu matelas gonflable, au demeurant très confortable, sur la 6ème Avenue rendue aux voitures après les folies de l'Halloween.

Après avoir demandé dans 3 magasins, m'être fait balader entre la 23ème, la 14ème et enfin la 18ème Street, j'arrivais dans le temple du lit où je pouvais enfin m'acquitter de la somme due pour repartir avec un lit gonflable électrique (j'en étais resté au matelas gonflable avec cette sorte de pédale) !
Ils devaient arriver vers 23h à Newark et par conséquent, j'avais calculé que vers minuit et demie ils seraient au pied de ma tour. Passé minuit, rien, pas de SMS (j'avais pourtant écrit à Kathy) et au fil des minutes, j'ai commencé à me demander: soit ils s'étaient retrouvés bloqués à l'immigration, soit ils tournaient encore dans les rues de la ville à la recherche de mon immeuble (qui est pourtant aisé à trouver).

Au moment précis d'écrire à Erwan, je reçois les sms suivants : "Rodrigo tu peux venir nous chercher au 55 west 26th Street Immeuble Capitol, ca fait une heure qu'on cherche.. pas de reseau pour nos natels, nous t'attendons a l'entree de l 'immeuble merci bcp. au cas ou le no de tel du capitol ..... à toute". En lisant ces SMS envoyés depuis internet, je me suis demandé si ils ne se foutaient pas de ma gueule.

Pourquoi me cherchaient-ils si ils étaient dans mon immeuble et en plus en me donnant le numéro de mes gardiens ? J'ai franchement pensé qu'en ouvrant la porte, j'allais les trouver derrière, mais non. C'est en arrivant dans le Lobby que je les trouve, les 4 posés dans les canapés, l'air bien fatigués voire démoralisés.

Après les salutations un peu chamboulées (j'avais prévu appareil photo et embrassades chaleureuses, champagne à la main), ils m'expliquèrent que leurs natels ne marchaient pas ici (pas tri-bandes) et qu'en demandant pour moi, le gardien ne m'avait pas trouvé.
J'ai été assez surpris, car quasiment tous les gardiens me connaissent par mon nom, prénom et connaissent le numéro de mon appartement. Ils sont tombés sur un des seuls qui ne savait pas qui je pouvais bien être. Lui, je sens que je vais lui coller mon nom sur le front ;-)

Pour finir, passé ce petit bide et montés déposer les valises, mes voyageurs ont enfin pu s'affaler sur mon canapé (un des lits au passage).
Après quelques heures à papoter et surtout à remettre à jour Kathy sur mes projets (qui changent encore), nous sommes restés d'accord sur le programme du dimanche, qui s'annonçait comme une belle journée en perspective.

Cette nuit, nous avons changé d'heure. A présent, j'ai à nouveau 6 heures avec la Suisse.
En nous couchant, nous nous sommes dit: "réveil à 9h15 pour partir à temps pour Harlem écouter du Gospel, ça va, c'est pas trop tôt et cela nous laisse le temps d'y arriver sans trop de stress".

Ce matin, je regarde ma montre, et au premier coup d'oeil sursaut: 9h50, mon Dieu ! Après avoir allumé mon natel, j'ai réalisé que je n'avais pas encore changé l'heure; il était donc à peine 8h50. "Mais alors, pourquoi est-ce que j'entends la douche dans ma salle de bains ?" En sortant dans le brouillard (je ne portais pas encore mes verres), je retrouvais toute la troupe déjà levée.

En demandant pourquoi, j'appris que Juliette en ouvrant un oeil, avait vu 9h4o sur le micro-ondes, mais le micro-ondes n'était pas à l'heure.. Alors elle, pensant être en retard a pour ainsi dire jeté son mari sous la douche et réveillé les autres... Avec cette question d'horloge mal réglée (qu'Erwan s'est empressé de mettre à l'heure), nous avons tous eu droit à une nuit plus courte, mais heureusement que le comique de la situation nous a fait bien rire, et ne nous a pas fait commencer la journée sur un air ronchon.

Après le café matinal, premier café américain pour des français plus habitués au petit kawa, nous sommes donc partis sur Harlem. J'avais déjà mis les pieds dans le quartier, il y a quelques mois, mais juste sur la Martin Luther King. En cherchant une église, nous sommes tombés sur celle-ci. Toute petite, mais bien plus authentique de celles plus connues et donc plus touristes indiquées dans tous les guides.

Nous avons pu y pénétrer pour le service de midi. En fait, celui-ci a commencé sans vraiment une annonce ou je ne sais quoi comme sermon. Non, il a commencé par un chant, puis un autre et ainsi de suite. Ne me demandez pas de décrire du Gospel, je peux simplement dire que la voix des différents orateurs-chanteurs, nous ont donné la chair de poule à tous et émus pour certains.

Impressionnant de se retrouver dans une église, transformée pour ainsi dire en salle de concert (il y avait une femme qui jouait même de la batterie avec un de ces rythmes !), sur des "Hallelujah" par centaines, des "oh Jesus !", des "Thank You !", des "oh God !" et autres, tout le monde frappant dans les mains, certains dansant presque en transe, dans une sorte de ferveur communicative. Moi qui suis clairement athée, je me suis surpris à donner quelques dollars lors de la collecte. Je me suis dit: "je donne en réalité comme si je payais pour un concert improvisé un dimanche à midi", mais curieusement dans une église avec une croix lumineuse rouge accrochée, dans ce qui pourrait être considéré comme une sorte de choeur, mais version "Exit".

J'ai franchement adoré cette manière de célébrer la messe, loin du rituel lourd et ronronnant auquel nous sommes habitués. Si nous pouvions avoir la même ambiance, je pense que les églises seraient pleines à craquer tous les dimanches. Mais bon, chacun son rituel. Je vais m'arrêter là, pour ne pas déranger ceux qui y verraient une offense.

Nous sommes tous ressortis, bien d'accord, d'avoir pu faire l'expérience de quelque chose de vraiment différent et de passablement impressionnant.

Ce dimanche, c'était également le Marathon de New York, avec cette année 39000 participants. Nous avions vu le début sur le pont Verrazano à la télévision quelques heures plus tôt, et en marchant juste 2 rues, nous sommes arrivés sur le parcours de la course à travers Harlem.


A cet emplacement, kilomètre 35, même les pompiers regardaient la course, ici en plus rythmée par de la musique latino voire du rock.

Kathy embarquée par le rythme


3h42 de course et 35 kms parcourus...

Entre Renan, Juliette, Kathy et moi, les 4 armés d'appareils photo, cela tournait un peu à du n'importe quoi, car nous passions presque plus de temps à nous prendre en photo, en train de prendre en photo, qu'à prendre des vraies photos (oui les répétitions sont voulues).

Courir dans les couleurs de l'automne en plein New York, il y a en combien qui n'en rêveraient pas aussi ?

Encore une église placée un peu n'importe où (comme la plupart dans Harlem)


L'intermède sportif passé, retour aux images de cette ville parfois délabrée, mais qui convient bien aux photos N/B


Grand Central à nouveau


La New York Public Library. C'est entre autres dans ces couloirs que certaines scènes du film "le Jour d'Après" auraient été tournées (bon je suppose avant tout dans des studios ;-) )


Pour finir, profitant d'une belle soirée d'automne, nous avons pris la 5ème Av. en direction de mon appartement. Lorsque nous sommes passés devant l'Empire State Building, nous avons vu qu'il n'y avait personne dans la rue en train d'attendre pour monter. En effet, au lieu des 2 à 3 heures habituelles (il y a des kms de couloirs à l'intérieur pour passer à la caisse et les différents contrôles), il nous a suffit de 15 minutes pour nous retrouver au 80ème et 10 minutes de plus pour accèder au 86ème (le 102 est fermé pour travaux).

Le soleil s'était couché il y a peu, et nous avons eu droit à ce beau mélange de couleurs sur New York et le New Jersey. Par contre, putain qu'il faisait froid, et avec un vent glacial ! Nous qui étions plutôt habillés légers, c'est un peu comme de pingouins que nous nous sommes retrouvés collés les uns contre les autres pour nous rechauffer et ainsi pouvoir prendre des photos de la ville sans trop trembler.


Erwan a réussi à se mettre devant Kathy, et non à côté, au moment de prendre cette photo!

Et toute la troupe : Renan, Erwan, Juliette, Kathy et moi!

Journée bien fatiguante, mais oh combien sympa, et franchement pour un dimanche, bien mieux que glander toute la journée devant la télévision !

samedi 1 novembre 2008

Halloween et sa folie

En ce début de matinée du 31 octobre, jour d'Halloween, reconnaissez vous qui est imitée par la femme en bleu à droite ? C'était un thème assez repris dans les rues et une MOB était même organisée à Union Square vendredi soir.

Sinon, remarquez la longueur de la tenue de la présentatrice. Au moins, son décolleté respectait la décence ce matin sur Telemundo en direct de Miami ;-)

Ce matin, j'ai également eu droit au profil astrologique des deux candidats. L'astrologue disait que la disposition des planètes, à sa naissance, indiquaient qu'Obama allait gagner et que le hasard des choses faisait que son opinion "personnelle" allait dans le même sens.
Une certaine manière d'appuyer un candidat sous le couvert de prédictions astrologiques ? J'ai bien rigolé en l'écoutant le répéter à plusieurs reprises "segun mi opinion personal Obama sera el proximo presidente"...

Après une journée à croiser dans le couloirs de la banque des Jokers et un ou deux sorciers, le soir commença la folie d'Halloween. On m'avait prévenu que la parade organisée sur la 6ème Avenue était complètement dingue. Pour rappel, je vis sur cette avenue, mais quelques rues plus loin que la fin de la parade.

Passé 19h00, avec Enton, nous sommes allés en métro vers le début de la parade sur W4. La folie débuta dans le couloir qui nous permettait d'acceder à la rue. Je préviens qu'il ne faut pas être agoraphobe pour tenir les 15 bonnes minutes nécessaires pour enfin arriver à la fin du tunnel.

Depuis Spring Street jusqu'à la 23rd Street c'est un délire de déguisements. On y voit une quantité incroyable de sorcières et sorciers, Joker, Batman, Mario, Luigi, un Chaperon Rouge accompagné du Grand Méchant Loup et de la Grand Mère, une blanche neige sans ses nains, une cocinelle mâle, des papillons bleus, des diablotins et diablotines, des pendus bien vivant, des bébés de 40 ans, des Marie Poppins, des fées, des infirmières au bonnet 95 D (E ?), des femmes devenues hommes, des arbres humains. Enfin, toute la panoplie des contes de Grimm et tous les personnages des studios Disney, Universal ou Hanna Barbera arpentaient les rues de Manhattan.
Pour voir la parade en elle même, difficile d'en profiter à fond. Simplement trop de monde. Nous avons réussi à voir malgré tout la présentation du groupe Thriller et sa danse, mais pour le reste je voyais surtout des chapeaux pointus et des choses indéfinissables défiler.
Sinon pour profiter de l'ambiance, il suffisait d'arpenter la 7th Av (Fashion Avenue) et Union Square. Franchement de quoi en perdre la tête et de ne pas trop savoir où aller pour arriver à saisir l'ambiance ou simplement pour tenter de prendre en photo une Minnie au bras d'un Vampire.





Juste une minuscule vue de la foule.




Enton et les chasseurs de fantômes (thème de l'année)

NYPD avait littéralement bouclé le secteur; impossible de passer dans bien des rues, réorganisation des bouches de metro, hélicoptères au-dessus de nos têtes. Un sacré arsenal.

Au passage dans le village, des mots en souvenir du 11 septembre 2001

Les fameux danseurs, avec la musique et l'obscurité, l'effet était franchement réussi












Sur Fashion Avenue une parade de voitures très spéciale


Après la parade, je suis remonté tant bien que mal chez moi pour me changer pour la soirée. J'avais préféré attendre, car avec la foule, pas trop envie de me faire tirer par la cape toutes les cinq minutes.

J'avais donné rendez-vous à Garrett sur la 12ème Street à l'angle de la 6th Av. pour une soirée privée. Le problème c'est que moi je suis arrivé par l'ouest et lui l'est, l'avenue au milieu. Impossible de passer à travers la foule de morts-vivants défilants à ce moment là. J'ai du me résigner à remonter deux rues, pour pouvoir enfin traverser, accompagné d'une multitudes de monstres, du côté est de l'avenue. Après avoir rejoint Garrett, nouvelle traversée du monde souterrain bien à l'air libre ce soir là, coupant par Union Square qui ressemblait à un champ de bataille du monde des ténèbres. Enfin, rien de bien spécial ce soir là ;-)

En route pour la soirée, dans un métro pire qu'à l'heure de pointe.

Un Garrett en légionnaire romain, mais portant le masque qui en fait n'avait rien avoir avec, mais peut-être pour donner un air plus lugubre à l'ensemble ;-)

La soirée au club Studio, sur la 8th Av, proche de Times Square, avait lieu au 14ème étage, dans un appartement aménagé en club, avec en prime une terrasse qui donnait sur le bâtiment imposant du New York Times (quelque chose comme 60 étages voire plus - depuis chez moi je le vois et il domine toutes les autres tours).





Le son et lumière










J'ai évité le maquillage, la dernière fois j'ai eu une réaction au visage, et je ne voulais pas ressembler à une fraise ce matin. De toute manière, je redeviens gentiment blanc comme un cachet d'aspirine. Quelques semaines de plus, et j'aurais eu l'air véridique.

Au Mac à 3 heures du matin. Toute la clientèle était déguisée, on se sent plutôt à l'aise de porter aussi quelque chose de différent ;-)

Et le métro, Fashion Av et 28th Street. Un Père et une Mère Noël à l'attente de la rame



Devant chez moi

En ce soir du 1er novembre, j'ai été surpris de pouvoir encore sortir en t-shirt dans la rue, oui...il fait très doux. A croire que la vague de froid de cette semaine nous a laissé du répis pour ce week-end mouvementé.