mercredi 19 novembre 2008

Ellis Island et Statue de la Liberté

Après la capitale, il me fallait bien visiter cet autre endroit emblématique de New York. La Statue de la Liberté et moins connue, l'ile de Ellis Island. L'ile des immigrants. A nouveau, par une journée mi-figue mi-raisin, direction South Ferry, ligne 1, dimanche 13h30. Arrivés sur place (à nouveau avec Valery), paiement du ticket pour les deux iles (seulement 12 USD) et attente pour le ferry. Comme depuis tout ici depuis le 11 septembre 2001, une paranoïa sécuritaire est visible à chaque endroit touristique, mais en fait, on se demande à quoi cela peut bien servir. Comme si des familles, des pauvres petits suisses en visite, auraient une quelconque idée et avantage d'aller risquer sa vie en y mettant les pieds. Alors, comme dans les aéroports, il faut se délester de tout objet métallique, de la ceinture et de sa veste. Heureusement qu'il ne fallait pas en plus enlever les chaussures, bonjour le froid....

Prise du ferry, à moitié vide, quel plaisir. Et enfin arrivée sur cette ile, si connue, si visible.. mais à ce moment là, balayée par des vents à en décoiffer plus d'uns, un froid sibérien, un ciel presque menaçant.. mais la voilà, la fameuse dame. Je me suis demandé quelle femme a bien pu servir de modèle. Une Deneuve version fin 19ème ? Trouvez moi la réponse pour si vous le savez.

Remarquez le pied légèrement levé. Qui le savait ? Qui l'a remarqué ? Je pari que personne.


La vision toujours renouvelée. Il ne faut pas oublier qu'ici on ne voit que ce qui doit correspondre à 10 % de l'ile de Manhattan.

Après la visite éclair de cette première ile, pas besoin de forcer pour se faire pousser par le vent vers l'embarcadère pour rejoindre la seconde. Celui-ci soufflait tellement fort, que l'impression de se retrouver quelque part dans un pays nordique était évidente. Une sorte de Cap Nord, mais version NYC.

Ellis Island, l'ile des immigrants est seulement en partie restaurée (il faudrait 300 millions supplémentaires pour restaurer le tout). Seul un bâtiment peut être visité et le reste est laissé à la merci des éléments. Le bâtiment central présente plusieurs cartes et graphiques sur les différents mouvements migratoires dans le monde et bien sur aux USA. Vous pouvez y trouver par exemple, une carte du pays où il est possible de connaître l'origine exacte de la population du pays, État par État, nationalité par nationalité, ethnie par ethnie, religion par religion. De quoi démontrer que le service de la statistique du pays travaille bien.

Au premier étage, départ pour le parcours version musée, de celui effectué par les nouveaux arrivants jusqu'en 1952, année de fermeture de l'ile. J'ai été impressionné par les différentes explications concernant les contrôles, non seulement sanitaires, mais intellectuels (basés sur des jeux pour enfants..) auxquels les immigrants avaient droit. Il fut également surprenant de constater que l'administration américaine, déjà en ce temps là, accumulait les contrôles, les recours, les recontrôles et les nouveaux recours.
Ce que nous vivons à l'arrivée à l'aéroport n'est qu'une simple continuité de quelque chose débuté il y a plus d'un siècle. Pour un pays qui s'est construit sur les colons, difficile à comprendre. Sans eux, ce pays ne serait rien, pas grand chose. Mais comme tout, on s'imagine disposer de droit préférentiels, car arrivés avant les autres. Vision minimaliste.. mais encore d'actualité.. il n'y a qu'à voir ce qui se passe aux frontières sud du pays.

Après une visite trop courte, à peine 2 heures (pareil qu'à D.C. mais pas dans la même proportion), il fallut bien se décider de rejoindre le ferry, mais celui-ci, plus précis qu'un navire allemand ou suisse, à 16h46, au lieu de 16h45, décida de quitter le port et de rejoindre sans nous la City. La demie-heure à disposition me permit de prendre encore quelques photos, peut-être très sombres, mais celles-ci ne font que refléter l'ambiance du lieu.
Il faut absolument que vous y fassiez un stop si vous venez en ville. Franchement comptez une demie-journée pour vraiment en faire le tour. Cet endroit est malheureusement peu connu et est surement moins visité que les autres (rien qu'à voir que seulement 1/4 des passagers en provenance de la Statue décidèrent de s'arrêter sur Ellis Island).










A nouveau, le retour dans un ferry bien tranquille, vision renouvelée de Manhattan de nuit, toujours les mêmes impressions d'immensité et de gigantisme. Mais ceci, est-il vraiment important? Cette ville continu, même à quelques jours de mon départ, de me surprendre.

mardi 18 novembre 2008

Washington D.C.

Samedi 15 novembre, je me suis enfin décidé d'aller visiter Washington D.C.. Même si la ville en elle-même ne m'attire pas, comme il s'agit de la capitale de l'Etat le plus puissant au monde, je me suis bien dit, que repartir en Europe sans y avoir mis les pieds aurait semblé déplacé.

Avec Valery, un russe de Sibérie (c'est exotique à mes yeux) récemment connu, j'ai réservé les billets de bus de Chinatown pour y aller. En réservant, je me suis demandé à quoi pouvait ressembler les bus de cette compagnie, offrant des tarifs moitié prix que ceux de la concurrence. Aurais-je des poules et des cochons à côté de moi, il y aurait-il de la musique chinoise pendant le voyage et me faudrait-il prendre un dictionnaire mandarin-anglais pour comprendre les explications données par le chauffeur?

A 9h30 du matin, par une matinée bien couverte, l'Empire State Building jouant à cache-cache entre les nuages, une légère bruine rafraichissante et malgré tout une température printanière, arrive le bus à l'arrêt plus ou moins improvisé sur le côté du Madison Square Garden.

Pour pouvoir monter dans le bus (au kilométrage bien avancé), il fallait non seulement avoir imprimé le billet, mais en plus l'avoir signé et avoir une pièce d'identité à disposition. En présentant mon billet au chauffeur, la seule chose qu'il a semblé avoir contrôlée, c'est si mon billet était bien valable pour ce voyage. Je n'avais pas signé mon billet et je n'ai pas eu besoin de présenter ma carte d'identité. Les cinq lignes de règles édictées sur le billet ne servent donc pas à grand chose.

Je m'attendais à me retrouver dans un bus ressemblant à un frigo, comme c'est l'habitude ici, mais non. Pas d'air pour ainsi dire, alors comme le bus était plein, c'est assez vite qu'on a dû enlever une à une les couches d'habits. Les deux premières heures du voyage, banal, les gens dormant à moitié, un gosse braillant derrière moi, Valery dormant, moi à moitié assommé par la chaleur. C'est passé Baltimore que le voyage a commencé à ressembler à un film qui aurait pu avoir comme titre "le bus qui ne savait pas où aller".
Comme c'était en même temps le G20 (question de parler de la crise), je m'attendais bien à des contrôles en arrivant en ville. En fait, ce fut d'abord un bouchon qui semblait interminable, jusqu'au moment où nous avons vu qu'une simple voiture de flic obligeait tous les véhicules à quitter l'autoroute pour prendre une sortie qui n'indiquait aucune direction.
A peine sortis de l'autoroute, une passagère se trouvant sur la première rangée se retourne vers nous et dit d'un air très sérieux: Est-ce que quelqu'un aurait un GPS ou une carte car le chauffeur ne sait pas où nous sommes ? Oui, un GPS ou une carte? C'est pas une blague !
A l'entendre difficile de ne pas rire et de regarder les autres passagers qui semblaient tout aussi surpris que moi.
En arrivant au premier carrefour, le conducteur a en effet, avec un accent chinois prononcé, demandé la direction pour Washington. A droite! Ok, nous voilà roulant sur une route secondaire, au milieu des arbres, puis traversant des champs, des vallons, par-ci par-là des fermes identiques aux films, des vaches fribourgeoises étonnées de voir autant de circulation par ce qui doit normalement être une tranquille campagne du Maryland. Moi, en bon touriste, je trouvais la balade improvisée assez cool.
Après à peine un ou deux miles, rebelotte pour un bouchon. Toutes les voitures sorties de l'autoroute étaient à nouveau bloquées sur un carrefour au milieu de nul part. La pluie, à ce moment là, s'est déchainée, les feuilles se sont mises à voler et le ciel s'est assombri soudainement. A quel film de Stefen King cela pouvait-il bien ressembler, me suis-je demandé ?
En tout cas, hilarant de rouler à moitié à l'aveugle, le chauffeur se faisant guider par la voyageuse, qui pour être sure qu'il comprenne bien ses indications, se levait à chaque fois et faisait des grands mouvements avec son corps et ses bras pour indiquer la route.
Un passager a dit à ce moment là: mais c'est pas la bonne route! Une passagère devant moi qui se retourne les yeux grands ouverts et à la crainte bien visible. Lui : mais non c'est une blague! Mais oui.. ok, on verra bien.
Après quelques virages, de nouveaux embranchements perdus en pleine nature, voilà qu'apparaissent les premiers bâtiments annonçant l'entrée dans la banlieue de Washington D.C.
Pour ma part, je me suis dit, mais c'est pas si terrible que cela, restons positifs, c'est une sorte d'escapade non annoncée, une sorte de découverte des quartiers populaires de la capitale. Valery pour sa part ne semblait pas voir la chose de la même manière ;-)

C'est pour finir une heure et demie plus tard que prévu que nous avons enfin vu apparaître, dominant toute la cité, le Capitole. Lui impossible de le râter. A la vision du bâtiment, une sorte de relâchement de l'ambiance tendue des dernières minutes, se fit palpable. Les premières vestes furent remises et après quelques nouveaux virages dans des quartiers à moitié détruits, nous voilà débarqués dans Chinatown (qui est le quartier le plus animé de la ville si vous voulez y aller).

Le temps n'était pas franchement très motivant, mais au moins il ne pleuvait pas. Départ pour le Capitole. Petit détail sur la ville. J'ai entendu que le centre est très "white" et que le reste est très "dark" (façon diplomatique pour ne pas dire "noire") et pas forcément à visiter.


La photo pour la postérité


Après une première averse, je dis à Valery, tu vois, le soleil arrive! A l'instant que je fini ma phrase, voilà une nouvelle trombe digne d'un déluge qui s'abat sur nous. Heureusement, que le petit parapluie que j'avais eu l'intelligence de prendre, nous permettait de ne pas finir trempés jusqu'aux chaussettes.

Après cette nouvelle averse, voilà enfin le soleil et un superbe double arc-en-ciel aux couleurs d'une intensité rarement vue et semblant sortir du toit de ce bâtiment

A part le Capitole et l'obélisque, les bâtiments autour du Mall n'ont rien de spécial et sont franchement moches. Gris, des gros blocs de béton. Parfois présentant une façade aux colonnes gréco-romaines, mais rien qui mérite une photo.

L'hiver est arrivé ici, les arbres ont perdu toutes leurs feuilles (pas encore à New York).





Et le bâtiment qui était pour ainsi dire la raison de notre voyage, la Maison Blanche. Je m'attendais à un bâtiment plus grand et surtout moins caché par les arbres. Il est par contre vraiment beau et si il était à vendre et avec quelques millions, j'en prendrais bien volontiers possession.



Au lieu des 4 heures prévues au départ, avec le retard du bus, la visite de la ville aura duré 2 heures. Oui c'est vraiment short et un peu à la japonaise, mais en dehors des bâtiments autour du Mall, le cimetière d'Arlington (pas eu le temps) et la Maison blanche, je n'avais pas prévu autre chose.
En ce qui concerne le G20, en dehors d'une rue bloquée par une triple rangée de barrières et des voitures de flics présentent à chaque coins et parfois des voitures de diplomates, rien de spécial. Très loin d'un G8 2003 dans les rues de Genève (vous vous rappelez; cette odeur de sapin dans les rues basses ?).

Le retour lui, s'est déroulé selon l'horaire et cette fois dans un frigo ambulant. C'est veste, écharpe et bonnet qu'il fallut enfiler pour supporter les 4 heures nécessaires pour revenir sur la grande pomme.

L'arrivée depuis le New Jersey, avant de passer le tunnel de Lincoln, offre une vue époustouflante sur Manhattan. L'Empire State Building peut se voir à des kilomètres de distance. C'est encore une fois où je me suis rendu compte du gigantisme de cette ville. Qu'il me faudra bientôt quitter....

vendredi 14 novembre 2008

Soirée du 5 novembre

J'ai oublié de mettre ces photos online. Un jour après l'élection dans Nolita (au nord de Little Italy logiquement). Les photos prises au resto, démontrent la photogénie de tous les participants, le gout pour la mise en scène, le sourire non forcé à chaque fois.
La soirée a faillie partir en couille à cause de ces foutus pourboires, qu'il faut à chaque fois calculer pour ne pas sembler "out". Enfin, encore une chose du système qu'il faut accepter, même si cela peut parfois poser problèmes et pas seulement au portemonnaie.








lundi 10 novembre 2008

Petit tour en dehors de la City

Après une journée de samedi avec un temps à ne pas mettre un chien dehors, dimanche s'est annoncée comme une nouvelle belle journée d'automne, peut-être frisquet, mais le soleil invitait à mettre son nez dehors.

Cette fois-ci, ce fut pour découvrir ces quartiers de Queens, présentés comme offrant une vraie vision de New York, loin des tours et plus proches des gens.

En chemin, ce métro m'a encore attiré le regard, pas trop loin de chez moi

Découverte d'Astoria. Quartier grec par le passé, à présent plutôt habité par des croates et autres venus des pays des Balkans. Ce quartier est par contre gentiment devenu très prisé par les new yorkais de Manhattan, apportant avec eux un certain mode de vie plus bourgeois. Il n'y a qu'à voir les nouveaux cafés et bars ressemblant comme deux gouttes d'eau à ceux de midtown. Mes collègues du travail n'aiment pas ces nouveaux arrivants, car à leurs yeux, ceux-ci dénaturent le vrai New York. Ceux des familles, des petites communautés ayant reconstruit un monde à leur image.







On pourrait parfois se croire quelque part dans un pays autour de la Méditerranée. Il ne manquerait plus que des coqs chantant le matin


Les studios de cinéma de Queens

La communauté en provenance de la Grèce est encore propriétaire de ces immeubles, mais à présent loués aux gens de la City

Une touche germanique

Dans Queens, les avenues sont numérotées jusqu'au numéro 90 et quelque chose

Le prix de cette maison ? Un petit million contre 5 à 8 dans Manhattan

J'ai un je ne sais quoi d'attirance pour ces métros sur piliers. C'est une horreur d'un point de vue architectural et surtout en ce qui concerne le bruit, mais ces tunnels urbains ont quelque chose de fascinant. Comme si en prenant ce train, on pouvait se diriger vers une destination lointaine.



L'architecture m'a souvent fait penser à certains pays du nord de l'Europe, comme le Danemark, voire la Norvège


Retour dans le métro pour aller sur Jackson Heights. Le quartier indien et latino.

Ici, sans l'espagnol, vous êtes mort. C'est la seule langue parlée sur des rues et des rues. Impossible de voir autre chose que des latinos. En partie du Mexique mais particulièrement en provenance de la Colombie, l'Équateur.

En sortant dans le rue, bienvenue dans une annexe de l'Inde. Ici, tout y fait penser. Depuis la population, en passant par les panneaux et surtout les odeurs. Comme je n'avais pas encore mangé, j'ai rapidement eu la faim qui me tenaillait.

J'ai bien aimé ces mannequins, identiques à ceux de la City, mais en habits traditionnels. Cherchez l'erreur.






Dans Jackson Heights, après quelques rues, on arrive dans un quartier construit dans les années 20 voire 30. Les immeubles en briques sont protégés et par exemple, les panneaux d'affichage sont interdits au dessus d'une certaine hauteur afin de protéger l'aspect visuel. Enfin, une bonne idée.

Il semblerait qu'il ne suffise pas d'indiquer "interdit de jeter des ordures", mais il faut en plus en rappeler les conséquences sur plusieurs lignes. Cette manie de l'interdiction et de la peur du gendarme est une sacrée habitude dans ce pays.



Ce ne sont plus des liquidations de fin de saison, non des liquidations de récession. De quoi en rajouter une couche.



Ici, il y a comme indiqué plus haut, franchement intérêt à bien savoir parler espagnol, sinon bonne chance pour comprendre les panneaux.
Sur cette rue, je suis passé manger quelque chose. En rentrant dans un restaurant équatorien, je me suis retrouvé à être le seul qui devait dépasser les 1m65 et qui n'avait pas la peau sombre. J'ai très vite compris pourquoi j'ai été d'abord accueilli en anglais, avant que la serveuse ne comprenne que je pouvais très bien me débrouiller en espagnol comme elle. Je me suis malgré retrouvé un peu observé, évidement l'appareil photo n'aidait pas vraiment pour que je passe inaperçu.





J'ai adoré ces rues bordées d'arbres formant une sorte d'arche jaune-rouge.