vendredi 18 juillet 2008

Découverte du système hospitalier US

Bon, ce n'était pas prévu au programme de mon séjour ici et j'espèrais ne pas devoir faire l'expérience mais j'ai du me rendre à l'hôpital aujourd'hui pour un foutu chalazion (allez regarder sur Wikipedia) qui à cause de la chaleur, le soleil, le smog etc.. a gentiment pris un mauvais aspect et je me suis décidé d'aller voir un ophtalmo.

Ne sachant pas vraiment où aller, je suis passé au Bellevue Hospital qui se veut un des meilleurs hôpitaux de la place. Le lieu en soit semble moderne (entrée renovée) mais dans mon cas je devais passer par les urgences et là ça change. Salle glauque, heureusement peu de monde mais surtout un deux trois passages par le guichet, une fois pour se faire prendre le nom, après un premier check-in pour savoir la raison de ma venue et une troisième fois pour mes coordonnées. On vous demande un numéro d'assurance sociale US, j'en ai pas bien sur et toujours un numéro de téléphone. Alors allez expliquer que vous avez un statut de touriste et que de toute manière vous payez cash et que vous connaissez pas votre numéro de téléphone US semble chinois pour celui qui derrière sa vitre (d'ailleurs archi-dégueulasse avec des traces partout) doit suivre sa check-liste et qui plus est devait être indien (roux), donc pour comprendre son accent, bonjour la galère..
Et allez leur faire comprendre la différence entre le prénom et nom sur la carte d'identité suisse...

Après enfin passage dans les urgences mêmes, minuscules, des salles d'auscultation qui ressemblent à des boites d'allumettes. J'ai commencé à regarder autour de moi pour voir les mesures d'hygiènes prises. Cela laisse à désirer, je vous l'assure.

Pour finir, après une mini consultation et encore une heure d'attente on m'annonce que de toute manière on ne peut rien faire et que je dois aller dans une clinique...
Lorsque je demande et alors pour payer ? Je suis touriste. On me lève les bras au ciel.. Je ne sais pas encore si je recevrai une facture.

Direction pour la clinique des yeux de New York et me voilà parti pour un nouveau parcours du combattant dans un système... au secours...

Première file d'attente pour s'annoncer, de nouveau les mêmes questions mais cette fois on me demande une preuve de domicile aux USA, comme si je pouvais en avoir une. La nana au guichet en voulait une et en plus mon numéro d'assurance US. Pour finir après 5 minutes elle a accepté qu'étant touriste je ne pouvais avoir ni l'une ni l'autre. Je reçois au passage le petit facicule des droits des patients selon le code des hôpitaux new-yorkais. Une lecture indigeste sur mes droits sur 15 pages.


Passage à la salle d'attente... Vous avez tous vu Urgences. Bon ce n'est une salle d'attente avec des brancars partout, des infirmiers faisant du massage cardiaque à un blessé mais malgré tout une très grande salle, noire de monde en attente, avec des bandages, en chaises roulantes, certains mangeant ou téléphonant (strictement interdit partout).

Là, je me suis demandé, je suis tombé où ? J'ai failli rebroussé chemin. Pour finir, j'ai passé ma feuille au nouveau guichet et me suis mis à attendre.

Toutes les 5 minutes on entendait : Maria!, Pedro, Anna, Juan, José, etc.. que des noms hispaniques et c'est vrai qu'à part moi et deux autres nanas, nous étions les seuls qui n'étions ni blacks ni latino-mexicains. J'imagine qu'a part des gens de passage, le système public est surtout fréquenté par les gens aux conditions plus modestes...

Arrive mon tour mais ce n'est pas Rodrigo que j'entends, non le nom de famille de ma mère, car au guichet d'enregistrement c'est celui-ci qui avait été enregistré comme prénom (toujours le même problème de lecture de ma carte d'identité suisse).

Je suis amené par une infirmière dans une petite chambre, sombre, on me fait asseoir pour un pseudo contrôle de la vue, sans mes lunettes (je suis une taupe) et avec.
Arrive un type assez âgé qui au moment de se faire contrôler la vue, s'est mis à éructer sur la machine... et moi qui devait m'y installer.. Beurk.

L'infirmière a malgré tout mis des gants et s'est mise à nettoyer (et j'ai bien contrôlé qu'elle passait sa main partout) et après a jeté la serviette vers la boubelle en la ratant. En fait, cela devait être le dixième de la journée qui avait fini sa course sur le sol.

Après nouvelle attente, avec mon numéro, j'avais le 90 et le 68 venait de se faire appeler.. Je me suis dit, je suis parti pour deux heures d'attente mais en fait non, assez vite je suis passé dans une nouvelle salle d'attente avec cette fois-ci des vrais docteurs autour de moi. Cela m'a un peu rassuré car jusqu'à ce moment là, je me disais, je m'en fou je me casse de cet hôpital digne d'un village perdu dans la forêt ou dans je ne sais quel pays sous-dév....

Après enfin passage au contrôle, résultat, je dois le traiter manuellement puis revenir pour me le faire enlever d'un coup de scalpel...
J'ai insisté pour me le faire faire sur le moment mais en réalité cela n'a lieu que le mercredi et nous sommes vendredi.
J'ai aussi insisté pour avoir un certificat médical, chose qui a semblé étonnante à l'ophtalmo. J'ai du préciser que cela n'était pas de problème vu mon statut d'étranger ici, donc non pas sous système US.. Ma foi, il faut parfois tout expliquer de A à Z pour quelque chose de simple.

Après le passage du médecin chef, je suis ressorti les yeux voyant des étoiles et pupilles dilatées, donc le retour dans la rue fut comme se trouver les yeux ouverts face au soleil et en plus de cela avec 35 degrés dehors..

De retour chez moi, je me retrouve à devoir me soigner à la façon grand-mère. Je ne travaille normalement pas jusqu'à mercredi prochain.

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