mercredi 16 juillet 2008

Char, carrosse, présentement et breuvage

Samedi 12 juillet, découverte de la ville et de sa langue

En allant sur le Québec, je savais bien que je n'allais pas arriver dans une France transposée en Amérique. Je savais bien que les choses avaient changées depuis l’arrivée de Cartier.

Arriver à Montréal ne change pas trop de Toronto, une métropole, son centre financier et ses tours, ses mêmes grosses voitures et ses mesures alliant système métrique et anglo-saxon (que j'arrive gentiment à comprendre..).
Ce qui change et oui c'est la langue, au moins à l'écrit, on dirait presque.. ouf.. une pause... mais en fait, ce fut presque de courte durée. A peine arrivé et parti faire un tour en ville, je constatais que j'avais au début presque autant de difficulté à comprendre les gens qu'en arrivant à New York. C'est du français, soit, mais bien différent.

Bien entendu l'accent... Parfois surprenant telle est la différence avec nous. Je ne crois pas avoir entendu de pareil accent à part peut-être en Alsace ou dans certaines régions comme à Fribourg ou en Valais. Le plus surprenant est de constater que les mots d'origines anglaises sont prononcés avec cet accent (parking, party). Le mélange peut parfois faire sourire. Sans compter ces mots qui semblent sortis du moyen âge. Je savais qu'on disait "char" pour voiture, mais l'entendre "t'es avec ton char ? " Imaginez mon impression. Un char genre époque romaine avec des chevaux devant ? Sinon, en passant dans un Mac on me demande: vous désirez un breuvage? Je suis resté au début avec un point d'interrogation au dessus de ma tête. Breuvage pour boisson ? Si on m'avait proposé de l'hydromel, je crois que j'aurais presque été moins surpris. Drôle aussi d'entendre un père dire à sa fille : Tu veux retourner dans ton carrosse ? Ceci pour dire poussette... Cendrillon est dans les parages ? Et sinon bien sur le "mot" entendu partout : "présentement", que ce soit pour la météo, les annonces publicitaires : "nous engageons présentement" ou pour les propositions de menus du soir...

Au début, il faut vraiment se concentrer pour ne pas éclater de rire. Je ne veux pas faire mon arrogant mais entendre d'anciens mots ou alors dans un contexte si différent ne peut que faire sourire. J’ai aussi remarqué, que le « de » devant certains verbes a totalement disparu, même dans le journal « La Presse », plus grand quotidien de langue française au Canada.

Comme constaté par une bloggeuse dans les parages, les constructions de phrases sont parfois étranges, les « ne... pas » ne sont pas utilisés de la même manière, l'utilisation du "monter en haut" ou "descendre en bas" ne dérange personne et j'en passe. Et encore, je dirais qu’étant à Montréal le français utilisé peut encore être compréhensible mais par la suite, je constaterai que ce n'était rien.
J'ai aussi du parfois tendre l'oreille pour être sur que le type au natel parlait bel et bien français et non une langue sortie de je ne sais où.

En faisant les boutiques et simplement en me baladant dans les rues, je constatais que l’anglais reste une langue assez commune en ville. Les panneaux sont bilingues, les gens dans les magasins parlent les deux langues sans problème, sur les terrasses les serveurs jonglent avec, en somme, une ville francophone mais qui pourrait presque se comparer à une Bienne/Biel.

Ce que j’ai également constaté c’est que le fait de parler « français », peut parfois sembler arrogant, ou alors simplement passer pour hautain. Imaginez ma réaction après avoir demandé pour de l’eau minérale et qu’on me réponde : nous n’avons que de l’eau en fût. De l’eau en fût ? Oui de l’eau en fût ! Ah oui, de l’eau minérale donc ?

En fait, j’ai constaté que l’utilisation de mots qui normalement ne pourraient être combinés ne dérange absolument personne. C’est un autre français qui existe bel et bien et qui avec le temps aura peut-être sa place auprès de l’Académie française. D’ici là, il faut savoir jongler entre les deux, surtout pour nous qui sur place, ne sommes que des touristes francophones parmi d’autres.

Déjà que je constate avoir de plus en plus de peine à pouvoir parler correctement en français (sans compter l’écrit), que va-t-il m’arriver après six mois ? J’oublie l’allemand, mon français péclote, mon italien devient hésitant, l’espagnol qui étrangement ne veut pas se faire oublier… et l’anglais au milieu qui veut faire sa place.

Après ces analyses linguistiques, je pourrais simplement dire que la ville est agréable, malgré sa taille, car comme à Toronto, il suffit de s’éloigner un peu du centre pour retrouver le calme d’une petite ville.

Le samedi soir, feux d’artifices, et oui, toutes les deux semaines pendant le mois de juillet, du genre les feux de Genève sur un mois avec plusieurs pays participants. Ce soir là, le Portugal à l’honneur. J’avais acheté un billet pour les voir depuis les bords du Saint-Laurent mais lorsque j’ai constaté que le lieu se trouvait de l’autre côté du "petit" pont au-dessus du Saint-Laurent, pont fermé le soir, donc deux à trois kms à se faire pour y arriver sans compter le retour par la suite, j’ai préféré rester de mon côté de la rive et simplement m’approcher autant se faire que peu du fleuve. Les feux sympas, juste une demi-heure, musique en arrière fond, un beau final très bruyant évidement, mais je reste avec ceux de la ville du bout du lac ;-)

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